LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE IV
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ion flo cliàliinont cl (1(^ piinilioii vengeresse. Dès qu'ils eun-nl dé[)assé l'ile Mona, })orlés par tin venl favoialjlc vers les repaires des cannibales, la puissance invisible (pii l'avait jusque-là soutenu, lui fut soudain retirée. Alors Colomb, abandonné aux lois de la nature, on subit les conditions.
11 y avait, ce jour-là même, cinq mois révolus qu'il était parti d'Ilispaniola.
Pendant cent cinquante jours consécutifs, son interrogation de la Nature, son investigation des eaux, de l'air, du sol, sa contemplation des œuvres de Dieu, ses tentatives pour pénétrer les secrets de ce monde, les elTorts de son intelligence pour résoudre les interprétations contradictoires des indigènes et atteindre quelque vérité géographique, sa lutte prolongée contre les éléments, entretenant son âme, son esprit, son corps dans une triple activité, avaient épuisé ses forces. Le sentiment de sa responsabilité, la nécessité de diriger constamment lui-même celle dilTirultueuse naviealion, dont une partie ne fut qu'un long sauvetage, l'avaient emporté sur les besoins de son âge, ses douleurs, fruits de ses labeurs maritimes, le manque de nourriture, la privation absolue de sommeil. Les difficultés semblaient, ainsi que les périls, raviver son énergie. Mais à ce moment, la mer étant belle et la brise excellente, sa vigueur s'évanouit tout d'un coup. La nature reprit ses droits.
Chacun de ses organes entra dansun sommeil simullané. Son cerveau comme ses yeux et ses jarrets cédèrent à une fatigue qui dépassait les ressources
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cHaiSToroE colomb. — 37
CHRISTOPIIE COLOMB