‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 10 sur 444 · PUISE DE POSSESSION DU NOUVEAU CONTINENT · texte numérisé non relu

PUISE DE POSSESSION DU NOUVEAU CONTINENT

avec les habitants de cette contrée, et suivit la côte occidentale. Plus on avançait, plus on trouvait F eau douce et agréable à boire. Dès qu’on aperçut des terrains déboisés et mis en culture, l’Amiral mit à terre Pierre de Terreros avec un détachement. On trouva des sentiers frayés, du feu, du poisson et une maison sans toiture. On aperçut une multitude de singes; mais aucun habitant ne se montra. L’Amiral longea encore le rivage pendant huit lieues, et de nouveau fit descendre à terre. On rencontra d’excellents ports, beaucoup de terres cultivées, des arbres aux fruits succulents et une sorte de raisin; mais sans pouvoir découvrir aucun indigène. Par l’exercice obligé dès l’enfance de leurs principaux sens, les Indiens acquéraient une telle supériorité dans la portée delà vue, la faculté de l’ouïe, la subtilité de l’odorat , qu’ils apercevaient les étrangers avant d’en être vus, entendaient leurs pas, reconnaissaient leurs traces, et ainsi se dérobaient à leur rencontre ; c’est pourquoi à la terre de Gracia, comme déjà dans L île de la Trinité, les Espagnols n’avaient pu réussir à en surprendre aucun.

Ce jour-là étant un Dimanche , Colomb ordonna de le célébrer sur cette terre nouvelle, dont il fit prendre possession dans la forme accoutumée. On éleva une grande Croix 1 au point le plus exhaussé du rivage , et le nom sacré de notre Rédempteur retentit sur ce sol inconnu. L’Amiral fut représenté à cette cérémonie par son vertueux maître d’hôtel, le capitaine Pierre de Terreros2, car l’état aigu de son ophthalmie le forçait en ce moment à rester enfermé dans sa cabine. Le premier Européen

1 « Una gran Cruz hincada en tierra. » — Déposition d’Hernando Pacheco dans le huitième interrogatoire de l’enquête. — Pleyto, Pro» banzas del Almirante .

* Munoz, Histqria del Nuevo Mundo, lib. VI, § 26,

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