‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 9 sur 444 · CARACTÈRE GRANDIOSE DE LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

CARACTÈRE GRANDIOSE DE LA VÉGÉTATION

inflexions montueuses du rivage, les palmiers piriguaos au stipe lisse magnifiquement couronné de panaches, les bombax reliés entre eux par les fleurs d’or desbanistères, les passiflores, les vanilles entremêlées de convoivulus cramoisis, les pancbupans aux innombrables bouquets de fleurs blanches, surtout les cierges, les raquettes, les cactiers cylindriques donnaient au sol une physionomie tranchée, profondément distincte de la faune des îles. Des bouquets de nopalées formidables, des végétaux aigus, à feuilles sagittées, les teintes d’un vert sombre, le ton presque brun des nervures, la force ligneuse des moindres plantes, le bleu du ciel plus foncé indiquaient des conditions nouvelles d’existence. Au caractère gigantesque de la contrée, à la masse de cette végétation colossale, à quelque chose d’immense et de puissant qui pénétrait son intuition, le Révélateur du Globe sentait qu’il n’était plus sous Faction prédominante de l’humidité saline; que l’influence des mers cédait ici à F abondance de l’eau douce, et qu’il voyait enfin la Terre-Ferme.

Comme cette perspective d’uniforme verdure ne lui offrait aucun point de reconnaissance, il en chercha d’un autre côté. Après avoir couru des bordées sur la côte intérieure de la Trinité, il aperçut à une distance de douze lieues au nord-est, la crête d’un promontoire qu’il croyait une continuation de la terre de Gracia, ce qui se trouvait exact. Il fit puiser de l’eau dans la mer; elle se trouva si douce, quelle était bonne à boire. En portant de ce côté , il sentit un courant très-fort qui le poussait vers Fest-nord-est. Et en approchant, il reconnut près du cap Lapa une embouchure encore plus étroite que celle de la bouche du Serpent ; le bruit et l’agitation des vagues n’v étaient pas moindre. Il vira de bord, autant dans le dessein de trouver une autre issue, que de communiquer

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