‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 101 sur 444 · DU GOUVERNEMENT DE COLOMB · texte numérisé non relu

DU GOUVERNEMENT DE COLOMB

ont pensé que réellement Colomb n’était pas destiné, malgré son génie, à gouverner les hommes* qu’il existait en lui quelque inaptitude pour l’administration.

Dans le système des écrivains qui nient toute action providentielle sur l’humanité, et trouvent que le seul progrès de la navigation portugaise aurait, nécessairement, amené la découverte d’un continent situé à l’ouest de l’Europe, Colomb n’a pu manquer de commettre des fautes comme gouverneur, par cela qu’il ne pouvait posséder toutes les qualités, et que, « par ses qualités mêmes, il ne convenait pas à ce poste difficile1. » Mais nos lecteurs, qui se rappelleront les dons supérieurs accordés au hérarit de la Croix, ses éminentes qualités surpassées par ses vertus-, ceux qui savent que chez le chrétien, avec l’amour de Dieu et celui du prochain, la miséricorde vient encore par-dessus la justice, ne douteront pas que tant de facultés excellentes, d’aptitudes diverses, une pénétration soudaine, unie à l’esprit d’observation, à l’expérience et à une patience si longtemps éprouvée, ne le missent en mesure d’administrer utilement les pays qu’il avait découverts.

Loin de contester cà Colomb sa capacité administrative, il faudrait, au contraire, s’étonner qu’au milieu d’une telle supériorité, il en eût été dépourvu. Cependant ses biographes, ne rencontrant en lui aucune imperfection, ni comme chrétien, ni comme homme de mer, fatigués sans doute d avoir toujours à louer, ont cru varier leur style et faire acte d’impartialité scrupuleuse, en critiquant certaines mesures de son administration. Ils ont été heureux d’appuyer quelques phrases de son vieil ennemi Oviedo sur deux passages de Las Casas, d’ailleurs neu-

1 Washington Irving, Histoire de Christophe Colomb. — Humboldt ixamen critique. — Rosseeuw-Saint-Hilaire, Histoire d'Espagne.

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