‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 103 sur 444 · SON GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

SON GOUVERNEMENT

ne pouvait être nié. Colomb pourtant, au lieu de faire, suivant son droit, juger et exécuter sur-le-champ le chef du complot, se contenta de l’envoyer en Espagne.

Voici comment l’Américain Washington Irving apprécie cet acte :

« L’Amiral se conduisit avec beaucoup de modération. « Par égard pour le rang et la position de Diaz, il s’abstint u de lui infliger aucun châtiment 5 mais il le consigna à « bord de l’un des navires, se proposant de l’envoyer en u Espagne, pour qu’il y fût jugé.... Plusieurs de ses « complices d’un rang inférieur furent punis suivant leur « degré de culpabilité, mais non pas avec la rigueur que « méritait leur faute... Les mesures qu’il prit, quoique « nécessaires pour la sûreté générale, et aussi douces que (( possible, furent traitées d’arbitraires et parurent dictées « par un esprit de vengeance l. »

Parce qu’il était étranger, l’autorité du Vice-Roi semblait insupportable aux Castillans, malgré sa modération, dit le Père Charlevoix dans son Histoire de Saint- Domingue : « Cet acte de justice, en apparence si nécesu saire , et où toutes les formalités furent exactement « gardées, lui aliéna la multitude sans retour, et eut des « suites bien funestes pour lui et pour toute sa famille 2 * *. » A partir de ce moment , on lui fit une réputation de cruauté, de sévérité inhumaine. Ses ennemis l’accusèrent d’infliger par caprice a les punitions corporelles les plus « rigoureuses aux gens de basse condition, et d’abreuver « d’outrages les gentilshommes castillans. Mais ils se gar- « dèrent bien, dit encore Washington Irving, de parler

1 Washington Irving, Histoire de la vie et des voyages de Christo-

phe Colomb , liv. VI, ch. vin.

Le P. Chailevoix, thstou e de Saiiît^Dominguef liv. II, pag. 119

in- 4. 9

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