SUR LES INSTRUCTIONS DONNÉES A MARGARIT
« des circonstances impérieuses qui avaient nécessité « ces travaux extraordinaires, ni des débauches et des « crimes de tout genre commis par les colons et qu’il (( fallait réprimer, ni des cabales séditieuses des cavaliers « espagnols qui avaient éprouvé son indulgence plutôt « que sa rigueur \ »
Quant aux instructions données au commandant Pedro Margarit, le gouvernement espagnol les ayant publiées dans la Collection des documents diplomatiques, nous avons pu les apprécier nous-mêmes. Et nous l’avouerons, ce qui nous a frappé d’abord, c'est la pénétration avec laquelle Colomb avait deviné les mœurs particulières de ces peuples enfants. On dirait qu’il les avait gouvernés dès sa jeunesse.
Néanmoins la philanthropie de Humboldt a été révoltée d’un procédé contre les voleurs, recommandé par Colomb dans le cours de ces instructions admirables.
La pénalité varie suivant les lieux et les temps. Exiger son atténuation, sa douce uniformité, les soins délicats que la phrénologie et la philanthropie protestante veulent aujourd’hui qu’on ait des criminels , est une rêverie des idéologues modernes. A l’époque de la Découverte, les Espagnols et les Indiens surtout ne traitaient pas si délicatement le crime. Dans l’abondance et la commodité de vivre que leur avait faite la Nature , les peuples des Antilles regardaient le vol comme une odieuse perversité , car le besoin ne lui pouvait servir d’excuse. Aussi le châtiaientils d’une façon effroyable. Voici ce qu’en dit l’auteur de l’Histoire naturelle des Indes, Oviedo, qui s’était renseigné sur le lieu même : « Le plus grand péché et que plus « avoient en haine les habitants de cette île étoit le larcin.
1 Washington Irving , Histoire de Christophe Colomb , liv. VIII , chap. vin.