‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 106 sur 444 · L’ACCUSATION DE CRUAUTÉ REFUTEE · texte numérisé non relu

L’ACCUSATION DE CRUAUTÉ REFUTEE

noblesse et ses amis la chose allait au sérieux, fut pris de peur. Cherchant a gagner du temps, il refusait de se confesser. On le conduisit sur le glacis de la citadelle, le prètre l’exhortant, et lui toujours refusant de l’écouter, pour retarder le moment terrible. Le Grand Juge, instruit de ce manège, indigné d’une telle couardise après tant d’arrogance, commanda d’attacher la corde à l’un des créneaux et de lancer le condamné par dessus le rempart.

Cet acte de brutalité, très-conforme au naturel hautain et violent de Roldan, outre sa dureté, froisse le sentiment chrétien. Cette suppression du sacrement, dernière consolation du mourant, serre le cœur. Malheureusement l’historiographe royal Herrera, habituellement exact et judicieux, s’égarant ici, a imputé à l’Amiral, alors éloigné de Saint-Domingue, et l’arrestation et l’exécution violente du perturbateur Adrien de Mogica, qui furent accomplies par Roldan en propre personne. Les historiens postérieurs ont reproduit cette erreur; et tous la répètent de bonne foi, sans le moindre examen qui suffisait à la reconnaître.

Navarrete, Washington Irving, Humboldt ont beau l’accréditer, nous allons la démasquer ici. Quiconque aime la gloire de Colomb et cherche la vérité dans l’histoire nous saura gré de cette justice.

D abord le caractère de l’homme, le caractère du fait, les circonstances de temps, les circonstances de lieu, les règles de l’étiquette et les bienséances, les dispositions matérielles prouvent l’erreur d’Herrera. Il dit lui-même que 1 Amiral était à la Conception au moment de la révolte de Mogica; et cela est exact. Colomb affectionnait ce lieu, clef de la magnifique plaine qu’on nommait la Vega-Real', où il jouissait d’un aspect ravissant. Dès son second voyage, il y avait érigé, en attendant qu’il y pût construire une église, une grande Croix, au pied de laquelle il rece-

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