DE L’ESCLAVAGE ÉTABLI PAR COLOMB
faits donnèrent pleinement raison à l’Amiral. Plus tard, force fut aux philanthropes des bureaux de la marine de réclamer l’application des mesures d’abord proposées par Colomb 1 .
L’Amiral, en transportant en Castille les Indiens déclarés esclaves légaux, ne considérait pas le prix de leur vente comme la représentation de la propriété de l’homme, mais de la location de son travail. Cet esclavage, tempéré par la douceur chrétienne, n’était en réalité qu un usufruit du travail de 1 Indien coupable d’avoir participe à un complot ou trempé dans le meurtre d’un Espagnol.
Loin de réduire en esclavage les Indiens pacifiques , Christophe Colomb se constituait leur défenseur-, faisait respecter leur personne, leur famille, leur propriété ^ c’est pourquoi les débauchés , les aventuriers rapaces et les fainéants d Hispaniola s’étaient ligués contre lui. Pendant qu’à la cour les échos des bureaux de Séville blâmaient la prétendue cruauté de Colomb envers les indigènes, les Castillans d’ Hispaniola, au contraire, écrivaient en Espagne qu’il ne permettait pas que les Indiens fussent assujettis aux chrétiens. Humboldt lui-même a relevé cette contradiction flagrante 2. Colomb ne conseilla que l’esclavage des anthropophages ; et ce conseil était salutaire 5 mais il n’attenta jamais à la liberté des Indiens pacifiques.
L’ignorance et la prévention lui ont imputé d’avoir organisé l’esclavage des Indiens, en établissant le système des « Repartimientos » ou distributions de corvées et le travail des indigènes dans les mines.
1 Apéndice à la Coleccion diplomâtica , nurn. xvii. Registi *. del
sello de corte en Simancas.
2 Humboldt , Examen critique de l’histoire de la géographie du Nouveau Continent, t. III, section 2e, p. 2S2.