‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 111 sur 444 · AU BAPTEME DES INDIENS · texte numérisé non relu

AU BAPTEME DES INDIENS

admettaient au baptême les naturels, sur leur simple demande. C’était par piété qu’il empêchait l’abus du sacrement, c est-à-dire sa profanation. Sa façon de traiter les Indiens fut toujours paternelle. Il reconnaissait dans ces enfants des forêts ses frères en Jésus-Christ. II les aimait

génériquement comme les ayant découverts pour les acquérir à l’Évangile.

Le caractère aimant et contemplatif de Colomb le portait à la douceur comme à l’indulgence. S’il rendit des édits sévères, ce fut pour protéger la vie et môme l’honneur des indigènes, dont certains Espagnols se faisaient un jeu. Sa prétendue cruauté ne fut que la justice mise au service de la fraternité chrétienne.

Il faut le dire, la haine des ennemis de l’Amiral se plaisait à lui attribuer toutes les mesures prises par son frère l’Adelantado.

Celui-ci droit et juste, mais ayant le sentiment de son utilité et de sa haute supériorité sur tous ces débauchés, fainéants et bravaches, rodomonts auprès des Indiens, né prenait pas la peine de tempérer par des explications verbales et 1 affabilité des formes la précision de ses commandements. Il poussait droit son chemin, blessant au vif 1 orgueil des arrogants hidalgos, sans se soucier de leur rage. Il courbait leurs fronts impudents sous l’autorité légitime de son frère, le Vice-Roi. Au témoignage de Las Casas, sa juste sévérité fut surtout cause des accusations de cruauté si souvent portées contre l’Amiral '. Et pourtant, d’après l’aveu de don Eustaquio Navarrete, on ne voit pas comment, sans sa rigidité, il eût pu contenir cette

1 « Por ventura fué la >se imputaron al Almirante.

cap. xxix. Ms.

causa de las cosas de rigor y crudeldad que » — Las Casas, Historia de las Indias, lib. I,

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