SUR LES MESURES ADMINISTRATIVES 1)E COLOMB
population mobile, pleine d’enflure, ardente à la cupidité et si naturellement licencieuse ’.
Loin d’avoir été blâmé par la cour pour sa rudesse envers ses administrés, Colomb, au contraire, fut accusé de trop de douceur et de ménagement. Aussi dans les instructions données à son successeur en audience solennelle, en présence des Rois, le conseiller d’État Antoine de Fonseca, frère de l’évêque ordonnateur de la marine, recommandait-il au nouveau gouverneur, de peur qu’il ne lui arrivât comme à l’Amiral , de sévir dès l’origine contre toute révolte et de frapper comme l’éclair 2.
En les approfondissant, les plus graves imputations portées contre Colomb s’évanouissent successivement.
Reste maintenant la présomption générale d’impéritie administrative.
Ici, l’on n’en saurait disconvenir, l’accusation devient singulièrement vague et confuse. Elle ne peut présenter un seul fait précis. On objecte contre la capacité de l’Amiral sa proposition de coloniser l’Espagnole avec des criminels, et son choix malheureux de Roldan pour les fonctions de Grand Juge de F île.
Équitablement, l’idée de recruter des colons dans les prisons et les bagnes ne doit point s’attribuer à l’Amiral ; mais à la nécessité même. Une pareille mesure dit assez la pénible extrémité ou l’on était réduit. N’oublions pas qu’au moment de cette proposition, la prévention contre les Indes était si grande qu’aucune récompense n’eût pu
i « Verdad es que toda esta severidad hacia falta, y no se sabe como hubiera podido gobernase de otro modo gente tan revoltosa y diseola. »
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D. Eustaquio Fernandez de Navarrete, JSoticias de D. Bartolorné Colon. Coleccion de documcntos ineditos, tomo XVI, p. 627.
2 Ilerrera, Histoire générale des conquêtes et voyages des Castillans dans les Indes occidentales. Décade tre, liv. IV, chap. xui.
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