‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 113 sur 444 · LA COLONISATION DE L’ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

LA COLONISATION DE L’ESPAGNOLE

décider un Castillan à s’y rendre. Un séjour de deux ans à l’Espagnole semblait compenser la peine capitale. D’ailleurs c’était une question de vie ou de mort pour la colonie. D’autre partîtes exclusions ménagées par Colomb, en exceptant les malfaiteurs les plus criminels, donnaient lieu d’espérer que ce régime pénitentiaire porterait d’heureux fruits. Et si les condamnés ne fussent pas débarqués dans de fâcheuses circonstances, au milieu des rebelles dont l’exemple et les suggestions réveillèrent leurs mauvais instincts, il est à croire qu’on n’aurait pas eu h regretter leur déportation. La nécessité d’ouvrir les prisons pour peupler l’Espagnole fait plutôt la critique des Castillans que de l’Amiral. On reconnaît à cette dure extrémité, qui ne le déconcerta pas cependant, combien il avait à cœur de sauver la colonisation catholique de ces contrées. Avant que de l'abandonner, Colomb allait chercher les éléments de la culture et de la civilisation, en dehors de tous les usages et de toutes les idées de son époque. Il ne disait pas, lui, comme un éloquent girondin : « Périssent les colonies plutôt que les principes, » mais il savait se faire à tout et à tous; acceptant les risques d’incessantes luttes contre des natures ingrates et perverses, plutôt que de laisser éteindre le germe de la foi catholique qu’il avait semé dans ces contrées nouvelles. De nos jours, la rapide prospérité de l’Australie et notre premier essai dans la Guyane semblent justifier la pénétrante hardiesse des espérances de Colomb.

Pour ce qui est de ses choix, ils furent toujours excellents. La conduite criminelle de Roldan n’accuse point le discernement de Colomb. Roldan ayant été au nombre de ses officiers domestiques, l’Amiral avait pu apprécier son goût de la légalité, son aptitude aux affaires contentieuses, aux solutions judiciaires. Il lui avait d’abord con-

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