‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 117 sur 444 · PRUDENCE ADMINISTRATIVE DE COLOMB · texte numérisé non relu

PRUDENCE ADMINISTRATIVE DE COLOMB

lornb, (lès qu’il vint gouverner ces nouveaux pays, bien loin de s’occuper principalement des mines et des procédés métallurgiques, songeait essentiellement à la culture de la terre : premier principe et dernier but de toute colonisation sérieuse.

Sous le nom de Ferme royale, il avait fondé une Ferme école où se trouvaient conservés dans leur pureté de race des animaux reproducteurs de chaque espèce. Par ses soins, des plantations s’élevaient-, on tentait des essais d’acclimatation et d’horticulture. Il sentait qu’il fallait renoncer au régime européen pour adopter l’hygiène des naturels, et il s'efforçait d’habituer les nouveaux colons à la nourriture des indigènes. En ceci sa pénétration devançait les coûteuses leçons de l’expérience. Il voulait que les colons pussent au besoin se passer de la métropole, lui rendre beaucoup plus qu’ils n’en recevraient. Au lieu de célibataires affamés d’or, incapables de s’attacher au sol pour le cultiver, ne sachant que le bouleverser au dessous et à la surface, il ne voulait admettre que des hommes mariés, laborieux, devant s’occuper de culture ; s’adonner les uns au défrichement de la terre, aux canaux d’irrigation 1 ou de dessèchement, les autres à l’accroissement des troupeaux.

Pour mener de front les produits agricoles et l’exploitation des mines aurifères, il établit avec une exacte équité les droits du fisc sur les travailleurs. Les chercheurs d’or payaient très-volontiers à la Couronne le tiers du produit de leurs fouilles. Sans grever le contribuable, il enrichissait ainsi le trésor au lieu de l’appauvrir, comme avait fait Bobadilla, sacrifiant P intérêt de la Reine à une éphémère popularité.

1 Cédula para que Fernando de Zafra busqué veinte hombres de campo y otro que sepa hacer acequias . — Coleccion diplomâtica. Documentes n° xxni.

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