‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 12 sur 444 · LES JARDINS · texte numérisé non relu

LES JARDINS

dent, l’Amiral vit le cap de l’Aiguille, y trouva la campagne magnifique et la plage très-peuplée. « Je fis jeter Y ancre, dit-il, pour avoir le loisir de contempler cette verdure, ce beau pays et ses habitants'. »

Mais ce n’était que par échappée qu’il pouvait glisser un regard sur cette opulente contrée. Son ophthalmie l’empêchait de quitter sa cabine. Il interrogeait, et on lui rendait compte. Ce n’était que par l’appréciation d’autrui qu’il essayait déjuger. Ce lieu parut délicieux-, il le nomma les Jardins. Plusieurs Indiens virent le prier, de la part de leur Roi, de descendre à terre. Colomb ne pouvait répondre à cette invitation. Son apparente indifférence redoubla la curiosité. « Comme ils virent que je ne faisais pas attention à eux, ils se rendirent en nombre infini aux navires. » Leur taille était élevée; leurs cheveux, noirs et flexibles, se cachaient à demi dans une étoffe brillante dont ils ceignaient leur tète. Ils n’avaient pour vêtement qu’un mouchoir attaché autour de la ceinture ; celui des femmes était plus allongé. Les canots des chefs fort grands, légers et mieux construits que ceux des autres Indiens, portaient vers le milieu une cabine où ils se tenaient avec leurs femmes. La plupart paraient leur cou de plaques d’or de la grandeur d’un fer à cheval. Ils paraissaient fiers de cet ornement -, et pourtant il n v en eut pas un qui ne le cédât volontiers pour une sonnette. On vit aussi des femmes qui portaient des bracelets en perles Anes, « qui firent ouvrir les yeux aux Castillans2. » L’Amiral fit son possible pour savoir d’où ils tiraient l’or. Tous indiquaient une terre très-élevée vers le couchant, mais peu éloignée; toutefois

1 Christophe Colomb. — Relation du troisième voyage adressée aux Rois catholiques.

2 Herrera, Histoire générale des voyages et conquêtes des Castillans dans les Indes occidentales. Décade ire, liv. III, chap. xi.

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