‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 13 sur 444 · LE GOLFE DE PARIA · texte numérisé non relu

LE GOLFE DE PARIA

ils rengageaient à n’y pas aller, parce que l’on y mangeait les hommes. Colomb leur demanda ou ils recueillaient les perles. Ils désignèrent aussi le couchant et le nord. Malgré son désir de vérifier lui-même ces lieux, Colomb dut y renoncer* les nécessites pressantes de la colonie 1 emplissaient son cœur d inquiétude; les vivres qu il avait embarqués pour les habitants d’Hispaniola s’avariaient de plus en plus. La caravelle qu’il montait, à cause de son grand tonnage, n’était point propre à une exploration de ce genre. Sa santé épuisée par les veilles continues, ses yeux dans un état voisin de la cécité lui faisaient sentir le besoin d’arriver à Hispaniola, d’où il aurait envoyé son frère Barthélemy continuer ses découvertes.

Christophe Colomb commanda de porter au couchant. On suivit cette direction, jusqu’àce que l’on n’eût plus que trois brasses de fond. Il jeta l’ancre, et expédia en avant le Courrier , pour voir si le passage était ouvert. Le Courrier arriva jusqu’au milieu d’un golfe très -grand, qu’entouraient quatre autres golfes moindres, dans lesquels se déchargeaient les eaux de plusieurs fleuves : le

Paria, le Guarapiehe, le Fantasima, le Cacao, le Caripe. On trouva partout cinq brasses de fond. L eau était très-douce : « Je n’en ai jamais bu de pareille, » disait l’Amiral. Il appela cette sorte de mer intérieure, « le Golfe des Perles, » c’est le Golfe de Paria. Il espérait trouver un détroit au nord de ces parages ; car on n’avait d’issue ni par le couchant ni par le midi. Mais on se vit enfermé de tous côtés par la terre. Le 11 août, Colomb levant l’ancre, revint sur ses pas, pour tenter entre le cap Paria et l’ile de la Trinité le passage du dangereux détroit à l’est-nord-est, dont il s’était prudemment écarté le 5 août. Les courants le poussaient si fortement de ce côté , ou’il ne put regagner le rivage des jardins qu’il

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