IDÉE DOMINANTE DE SON ÉCRIT
de l’Espagne et de toute la chrétienté. Après avoir sérieusement examiné l’ouvrage, il avouait ne pouvoir y ajouter que fort peu, parce que déjà Colomb avait recueilli la fleur de toutes les autorités, sentences, paroles et prophéties dans les saintes Écritures et les glossateurs. 11 trouvait qu’il ne lui restait plus qu’à glaner pauvrement. Toutefois, c’était avec onction, édification et consolation intérieure qu’il s’était livré à sa tâche. S’élevant aux vues généreuses du contemplateur de la Création, le Père Gaspard Gorricio demandait à Dieu d’éclairer ses recherches, afin qu’il pût correspondre « aux saints désirs1 » de sa seigneurie le Yice-Roi des Indes.
Le travail de Colomb sur les prophéties ayant pour seul objet la délivrance des Lieux Saints, l’Amiral n’insistait pas sur les avantages de cette conquête. Les deux Rois connaissaient son projet. Il les en avait entretenus avant sa première expédition, leur en avait reparlé au retour de son second voyage, y était revenu avant d’aller à la découverte du nouveau Continent; en conséquence, il ne déduisait aucun de ses motifs. Seulement, comme il se fondait sur l’autorité des saints livres pour accréditer le but exclusivement religieux de l’expédition proposée, il posait d’abord, comme introduction à son écrit, certains principes d’une bonne interprétation des Écritures, tirés de saint Augustin, de saint Thomas, de saint Isidore, de Gerson. Puis, entrant en matière, il rappelait de quelle
Nuestro Senor Dios, y al pro é honra destos Nuestros Reyes é de toda la religion Cristiana. » — Respuesta del P. D. Frey Gcispcir Gorricio. — Coleccion diplomâtica. Docam n° cxl.
1 « Rogando d Nuestro Senor que cumpla quod locutus est per os Prophetarum, y plega à su infinita clemencia de lo asi hacer, y llevar los santos deseos de V. S. — Respuesta del P. D . Frey Gaspar Gorricio*