‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 14 sur 444 · LE PASSAGE · texte numérisé non relu

LE PASSAGE

eût souhaité revoir. Sur tous les points l’eau était douce

et claire. Le lendemain il réussit à mouiller près du cap

aria, dans un port qu’il nomma le port aux singes, à

cause de l’abondance de ces quadrumanes sur les arbres

voisins. Il s y arrêta pour y sanctifier le Dimanche, avec

I intention d’en ressortir le lundi, et de franchir le redoutable détroit.

§ IV

Le lundi 14 août on approcha du détroit.

L’extrémité nord-est de la Trinité ne fait point face immédiatement au sud-ouest du cap Paria. Entre la pointe de l’île et la pointe de la terre ferme se trouvent plusieurs îles qui ne laissent entre elles que des issues impraticables aux navires. Mais entre la plus grande de ces îles et le continent américain, s’ouvre un passage large d’environ une lieue et demie, le seul par lequel on puisse s’aventurer moins inconsidérément et débouquer dans la mer Caraïbe. Toutefois, pendant les mois de juillet et août, l’abondance des pluies et le débordement des grands fleuves qui se déchargent dans le golfe de Paria donnent aux courants d’eau douce une impulsion terrible. Cette masse d’eau fluviale heurte les îles qui s’opposent à son issue ; et de la lutte entre les flots d’eau douce et les vagues salées résulte un choc bruyant, qui imite les bouillonnements et les bruits des écueils.

Si pour entrer dans cette véritable mer intérieure, qu’on nomme le golfe de Paria , Colomb avait eu besoin du secours de la Providence, son assistance ne lui fut pas moins nécessaire pour en sortir. Nous insistons sur les détails de ce débouquement dans la mer Caraïbe que l’on n’a jamais rapportés avec exactitude. Le véridique Herrera

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