NOUVEAU VOYAGE DE COLOMB
c’est là qu’est placé le Détroit de terre qui unit les grandes régions du Nouveau Continent.
La Reine ayant approuvé ce dessein, dont la grandeur captivait ses sympathies, Colomb songea aux apprêts de son expédition. 11 demanda l’autorisation d’emmener avec lui son second fils don Fernando, page d’Isabelle, heureusement doué, dont la société serait un adoucissement à sa continuelle séparation de la famille que lui imposait sa mission. Toujours prévoyante et maternelle dans ses bontés, la Reine , en acquiesçant à ce désir, accorda la solde d’officier de mer au jeune Fernando, et fit reporter, durant son absence, ses appointements de page sur la tête de son frère. aîné1.
L’Amiral se rendit ensuite à Séville pour donner ordre à son voyage. Tout en se confiant sans réserve à la Providence, il n’en prenait pas moins les précautions que dictait la prudence humaine. Il engagea l’Adelantado à l’accompagner dans ce voyage de découvertes. Le valeureux marin, détrompé sur la cour de Castille, atteignant l’àge où le repos est une récompense, ne partageant pas l’enthousiasme catholique de l’Amiral, se montrait peu disposé aux périls d’une entreprise de ce genre2. Toutefois, en comptant les années de son frère, en remarquant son affaiblissement physique, que l’énergie de sa volonté l’empêchait de sentir lui-même, se rappelant dans quel état il était revenu de ses deux dernières explorations, comprenant qu’il pourrait lui être indispensable, donBar-
1 « É SS. AA. prometieron al Almirante su padre que le serian pagados al dicho D. Diego, porquel dicho D. Fernando iba en su compania en servieio de SS. AA. * — Partida de pago hecho por el tesorcro de SS. AA. — Suplemento primero à la coleceion diplomâtica, n° lyii.
2 « Porque lo truje contra su grado. » — Lettre de Christophe Colomb aux Rois Catholiques , écrite de la Jamaïque, le 7 juillet 1503.