‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 133 sur 444 · COLOMB ÉCRIT AU PAPE · texte numérisé non relu

COLOMB ÉCRIT AU PAPE

thélemy sacrifia de nouveau à l’amour fraternel ses goûts, son besoin de repos et sa résolution de ne plus servir un gouvernement si ingrat. Il consentit à s’embarquer.

Quant à don Diego, frère de l’Amiral, fin justice criante commise envers le Vice-Roi, l’épreuve de la méchanceté des hommes, semblèrent le fixer dans sa vocation. Il résolut de quitter la cour et le monde pour ne servir désormais que l’Église. Il embrassa fétat ecclésiastique, dont il menait déjà la vie au milieu des soucis du gouvernement.

Depuis la mort de son compatriote le pape Innocent VIII, Christophe Colomb ne s’était point encore mis en relation avec son successeur au siège du Prince des Apôtres. Eu partant pour ce voyage, qui devait être complémentaire de ses expéditions, le Héraut de la Croix écrivit au chef de l’Eglise pour lui rendre compte de son silence, de ses actions, de ses intentions, et lui demander sa coopération protectrice.

Au style noblement familier de cette lettre, on dirait qu’une auguste parenté rattachait la mission de Christophe Colomb aux destinées du Catholicisme. On sent la confiance du fils qui parle à son père. Bien que laïque, marié, père de famille, Colomb demande au Pape, naturellement et sans exposer ses titres, une délégation d’autorité spirituelle, tout comme eût pu faire un véritable Légat du Saint-Siège. Il prie le Souverain Pontife de rendre un Bref qui prescrive à tous les chefs d’Ordres religieux de lui laisser choisir dans leurs couvents, pour en faire des missionnaires apostoliques, six religieux qu’il se réserve de désigner directement ou par son fondé de pou-

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