‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 134 sur 444 · COLOMB DÉSIRE CHOISIR SES MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

COLOMB DÉSIRE CHOISIR SES MISSIONNAIRES

voir, et au départ desquels nulle juridiction ecclésiastique ou séculière ne pourra s’opposer. Il veut qu’à leur retour dans leurs couvents ces religieux y soient reçus et traites comme s’ils n’en étaient point sortis , et même avec plus de faveur, si le méritent ainsi leurs œuvres. Il demande des coopérateurs, parce qu’il « espère en Notre Seigneur pouvoir proclamer son Saint Nom et l’Évangile dans tout l’univers1 ».

Ne pouvant, à cause de son étendue, rapporter en entier cette lettre, nous en abrégerons les termes.

Colomb disait d’abord que dès qu’il partit pour sa première découverte, il avait formé le projet de venir, à son retour, en personne apporter à Sa Sainteté la relation de cette expédition $ mais que les prétentions du Portugal l’avaient obligé à disposer en toute bâte son second voyage, et qu’ainsi il n’avait pu mettre à effet son projet. Il parlait aussi de son troisième voyage vers le Sud-Ouest, dans lequel il avait trouvé des terres immenses et Peau de la mer devenue douce.

Il disait que son âme serait dans la joie et la délectation quand enfin il pourrait venir vers Sa Sainteté, avec l’histoire entière de ses Découvertes , qu il avait écrite expressément pour Elle, et rédigée dans la forme et à la manière des Commentaires de César 2, à partir du premier moment jusqu’au jour présent ou il se disposait à faire, au nom de la Sainte-Trinité, un nouveau voyage qui serait à sa gloire et à l’honneur de la sainte Religion chrétienne..

1 « Porque yo espero en Nuestro Senor de divulgar su Santo Nombre y Evangelio en el universo. » — Carta del Almirante Colon à sa San-

ticlad . — Coleccion diplomatica. Docum., n° cxlv.

2 « La cual tengo para eilo que es en la forma de los comentaiios e

uso de César. » — Carta del Almirante Colon à su Sanlidad. Coleccion diplomatica. Docum., n° cxlv.

l’amiral révèle au pape le but de ses désirs. 167

Le Héraut de la Croix avouait au Saint-Père que le but même de ses fatigues f en délassait ; faisait qu’il ne craignait point les dangers, et le portait à regarder comme rien les labeurs et les divers genres de mort que dans ses voyages il avait affrontés, sans que le monde lui en eut la moindre gratitude1.

Le Révélateur de la Création confie au chef de l’Église le but intime de son désir au milieu de ses Découvertes. 11 a tenté son entreprise avec la pensée d’employer les bénéfices qui en résulteraient pour lui à restituer le Saint Sépulcre à la Sainte Église. Il rappelle que dès son arrivée dans cette nouvelle région il écrivit au Roi et à la Reine qu’avant sept ans il lèverait cinquante mille fantassins et cinq mille cavaliers, dont cinq ans après il doublerait le nombre , et aurait ainsi une armée de cent mille hommes d’infanterie et de dix mille chevaux. Notre Seigneur lui avait expérimentalement donné la preuve que les fonds pouvaient être faits par ses revenus; mais que Satan a mis en jeu tous ses efforts, pour qu’à cette époque rien n’eût encore pu se réaliser. Le gouvernement lui a été violemment retiré. Derrière toutes ces iniquités Colomb voyait une manœuvre de l’éternel ennemi, craignant qu’un si pieux dessein ne vînt à s’accomplir 2.

Le brouillon que nous possédons de cette lettre, dictée par l’Amiral au jeune Fernando son lils, est resté in-

1 « La cual razon me descansa y hace que yo no tema peligros ni me dé nada de tantas fatigas é muertes que en esta empresa yo he pasado con tan poco agradecimiento del mundo. » — Carta del Almirante Colon à su Santidad. — Coleccion diplomâtica. Docum., n° cxlv.

2 a Satanés ha destorbado todo esto, y con sus fuerzas lia puesto

esto en término que non haya efecto por muy cierto se xe que fue

malicia del enemigo, y porque non venga é luz tan santo propôsilo. » — Carta del Almirante Colon à su Santidad. — Coleccion diplômética, n° cxly.

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