‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 135 sur 444 · MÉMOIRE DE COLOMB POUR SON FILS AÎNÉ · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE COLOMB POUR SON FILS AÎNÉ

achevé; mais on ne peut clouter qu’elle n’ait été terminée, et n’ait fait partie de l’envoi qu’il avait chargé François de Rivarol d’expédier à Rome. Nous en avons la preuve implicite.

Préparant de loin son départ, Colomb rédigea un mémoire pour son fils aîné don Diego, dans lequel il constatait ses droits, énumérait ses titres, et indiquait les moyens de les faire valoir. Cette précaution trahissait ses craintes. Les mauvaises dispositions du Roi lui étaient connues. De peur qu’en son absence ou après sa mort, survenue dans de lointaines régions, on n’ajoutât aux violences déjà commises la spoliation ouverte, qu’on ne lui volât les titres et parchemins de ses privilèges, il les confia à ses fidèles amis les religieux, les mit en dépôt par copie ou duplicata dans leurs couvents.

Tout en prenant ces mesures de prudence, il n’en écrivit pas moins aux Rois pour recommander à leur bienveillance ses enfants et ses frères, s’il venait à succomber durant le cours de cette expédition. Sa lettre trahit ses inquiétudes. Isabelle, qui se trouvait alors à Valencia de la Torre, pour calmer sa sollicitude, lui répondit, le 14 mars, une lettre signée des deux Rois, conçue dans des termes d’une déférence et d’une considération tout à fait extraordinaire, inusitée à l’égard des plus hauts personnages. Les souverains lui rappelaient avec quelle douleur ils avaient appris son incarcération, comment tout le monde en avait été témoin ; ils promettaient de faire pour lui beaucoup plus quil n’était spécifié dans ses privilèges, et renouvelaient l’assurance de mettre, après lui, en possession de ses titres, charges et dignités don Diego, l’aîné de ses fils 1 .

1 Fernando Colombo, Vita delV Ammiraglio , cap. lxxxviii.

Page 1