‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 141 sur 444 · LA FL0T1LLE RÉUNIE A CADIX · texte numérisé non relu

LA FL0T1LLE RÉUNIE A CADIX

soixante-dix tonneaux, et le plus petit de cinquante.

L’ordonnateur de la marine fit noliser quatre caravelles qui étaient amarrées près des quais de Séville. On ' les disposa pour prendre la mer, et, le 3 avril 1502, elles descendirent le Guadalquivir, devant aller au carénage de la Puebla Yieja L Voulant surveiller le travail et l’activer, l’Àdelantado partit sur les navires, et les conduisit ensuite à Cadix pour procéder à leur gréement. Pendant ce temps, l’Amiral s’occupait des munitions et de la composition de ses équipages. Le peu de concours que lui avaient prêté les bureaux de Séville l’avait obligé de faire tout par lui-même, à ce point qu’il se vit forcé de renoncer à tout autre soin, et fut accablé par cette besogne2. Enfin, un mercredi matin, il partit pour Cadix, afin d’y compléter l’armement de la flottille. 11 emmenait avec lui son second fils don Fernando, alors âgé de treize ans, page de la reine Isabelle.

Après avoir passé 1 inspection des équipages, Christophe Colomb arbora son pavillon d’amiral sur la caravelle de soixante-dix tonneaux, que l’on nomma la Capiiane ; la seconde par le rang s’appelait le Saint-Jacques de Palos ; la troisième était le Galicien , et la plus petite était nommée la Biscdienne 3.

1 Cartas del Almirànte. — Lettre autographe de l’amiral Christophe Colomb, adressée le 4 avril 1502, au R. P. don Gaspard Gorricio, à la Chartreuse de Séville.

2 « Las cosas de mi despaeho me han cargado tanto que he dejado el resto. » — Lettre autographe de V Amiral au R. Père Chartreux D. Gaspard Gorricio.

3 Voir l’état des équipages et navires qu’emmenait pour sa découverte l’amiral D. Christophe Colomb. — Relacion de la gente é navios que llevô âdescubrir el Ahnirante D. Cristobal Colon. — Cuarto v ultimo vi âge de Colon.

l’amiral EN PASSE LA REVEE. l/ô

A l’exception des frères François et Diego de Porras, qu’il accepta par extrême condescendance envers le trésorier royal de Morales, il avait choisi son État-major, le composant surh it d'officiers propres à une telle entreprise, la plupart formés à la haute école de ses precedentes navigations. Dans ce nombre de marins choisis, on ne saurait comprendre le médecin que lui avaient fourni les bureaux de la marine à Séville, un certain medicastre, autrefois apothicaire à Valence, nommé maître Bernai, homme pervers, dont les soins étaient redoutes des malades, et qui, au dire de l’Amiral, aurait mérité cent fois d’être écartelé si l’on eût rendu justice à ses œuvres.

Sans compter les officiers de sa maison et quatre interprètes, l’Amiral allait emmener avec lui sur ces quatre petits bâtiments cent cinquante hommes. C’était avec cette poignée de gens qu'il entreprenait de faire le tour du Globe, de se défendre contre toute agression parmi les peuples inconnus , chez lesquels il serait peut-être obligé de renouveler ses vivres, de réparer ses avaries La nécessité de visiter toutes les côtes, d’entrer dans toutes les baies et les golfes pour rechercher ce Détroit, l’obligeant à n’employer que de petits navires, il avait voulu augmenter la force de ses nefs par le caractère des marins qui les montaient. La manière dont il répartit son monde mérite d’être remarquée.

La Capitane eut pour commandant le capitaine de pavillon de l'Amiral, Diego Tristan, vrai type d’officier de mer, qui possédait éminemment l’instinct de sa profession et des devoirs de son arme. Il avait sous ses ordres le premier lieutenant ou pilote major de l’escadre,

1 « Fue preso e accusado de muchos casos, que por cada uno dellos merecia ser fecho cuartos. » — Lettre autographe de l'Amiral à son fils aîné D. Diego , datée de Séville le 29 décembre 1504.

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