‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 143 sur 444 · ÉTAT DE L’ÉQUIPAGE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L’ÉQUIPAGE

dans le cours de cette campagne, le grade de capitaine de vaisseau, un blason et le titre de chevalier. Il était accompagné de plusieurs officiers dévoués à Colomb : les deux frères Andrea et Battista Ginovès, François de Farrias, Jean Jacome et Pierre Gentil, intendant de l’Amiral. François Bermudez, maître de la caravelle, et son contre-maître Pero Gomez, étaient deux parfaits marins. Le Saint-Jacques de Palos avait onze matelots d’élite, quatorze novices, un maître calfat, un maître tonnelier de Séville, Juan Noya, un maître charpentier, et, pour premier maître canonnier, un habile armurier de Milan, nommé Barthélemy. L’Amiral créa notaire royal de l’escadre, Diego de Porras, qui prit place au bord de son frère.

Quant au Galicien , navire grand, lourd et défectueux dans sa mâture, nolisé seulement à raison de huit mille trois cent trente-trois maravédis par mois , tandis que le Saint-Jacques de Palos en coûtait dix mille, il fut confié par l’Amiral au fidèle capitaine Pierre de Torreros, le premier Européen qui mit le pied sur le nouveau continent, et eut l’insigne honneur de représenter Colomb à la Terre ferme. Le maître et le contre-maître Juan Quintero et Alonzo Bamon, tous deux de Palos, étaient de solides marins. Ce navire comptait neuf matelots de choix et quatorze novices ou mousses-, déplus, un officier d’occasion, le sieur Camacho, proche parent du capitaine; en tout trente hommes1.

Pour monter la plus petite caravelle, la Biscdienne , qui devait sonder les passages, entrer dans les criques, fouiller les rivages, et qui n’avait en tout que vingt-cinq

1 Dans son Rôle d’équipage du Galicien, le notaire royal Diego de Porras n’en porte que vingt-huit. Mais il a oublié les deux pilotes et le Lombard Sébastien.

178 l’amiral secourt les portugais.

hommes, officiers compris, Y Amiral, afin de compenser la faiblesse numérique de l’équipage par la qualité, choisit huit matelots de premier rang, tous fort robustes et expérimentés, leur adjoignant douze novices ou mousses animés d’émulation, parmi lesquels se trouvait un page nommé Cheulco. A cette troupe d’élite il donna, comme digne de la commander, un homme de mer d’un grand caractère, son noble compatriote, Barthélemy Fieschi, « personnage doué de grandes perfections, » avec un lieutenant dont le dévouement lui était connu, Jean Pasan, aussi de Gênes, inscrit comme écuyer, et qui devait être dignement secondé par le maître de la caravelle, Juan Ferez, et le vaillant contre-maître Martin de Fontarabie. Pour ajouter une ressource morale à ce petit navire, fort exposé à se trouver séparé de rescadrille, il lui confia le seul prêtre qu’il eût pu embarquer, un zélé Franciscain, le Père Alexandre

Tout le monde monta sur les caravelles; mais on ne put prendre aussitôt la mer ; le vent soufflait du sud et clouait les navires dans la rade de Cadix. Pendant cette immobilité forcée, une embarcation, que le vent contraire à la sortie avait poussée vivement sur la côte d’Europe, apprit que les Maures venaient de bloquer la forteresse portugaise d’Arcilla , sur la côte du Maroc. Aussitôt l’Amiral, chevalier de la Croix, sans se préoccuper du vent contraire, fait lever l’ancre au son de la trompette, conformément à l’usage des grands amiraux de Castille2. « 11

1 Chose étrange, le P. Alexandre fut inscrit sur le Rôle d'équipage, non pas à titre d’Àumônier, mais en qualité d’Écuyer. Voici son inscription : Fraiy Alejcindre, en lugar de Escudero. — Relacion de la gente é navios que Uevô â descubrir el Almirante D. Cristôbal Colon.

2 En exécution de l’ordonnance de l’amirauté de Castille de 1430, rendue par don Fadrique.

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