‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 145 sur 444 · SES DÉMARCHES AUPRÈS DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

SES DÉMARCHES AUPRÈS DU GOUVERNEMENT

port de Saint-Domingue , afin d’y remettre la correspondance dont il s’était chargé, et d’y troquer le Galicien contre un des trente-deux navires qu’il savait devoir retourner en Espagne sous les ordres de son ancien lieutenant , Antonio de Torrez , parce que , malgré le beau temps , durant le voyage on avait reconnu les défauts du Galicien . Il était mauvais marcheur, très- fatigant; ses mats n entraient pas assez dans la carène. Les trois caravelles avaient dû diminuer de voiles, pour ne pas le laisser en arrière.

Le 29 juin, 1 escadrille, étant arrivée devant le port de Saint-Domingue, jeta l’ancre à une lieue en mer. L’Amiral envoya le capitaine du Galicien , Pierre de Terreros, dans sa chaloupe, pour exposer lui-même au gouverneur la nécessité de se procurer un autre navire, et le prier de lui ceder une des caravelles qui allaient partir, ou de lui en fournir une autre que l’Amiral payerait de ses deniers. Il devait aussi lui demander, de la part de son chef, licence d entrer dans le port avec ses quatre navires, poui se mettre à 1 abri d une violente tempête qu’il prévoyait devoir éclater prochainement.

Le gouverneur, qui avait reçu au sujet de l’Amiral des ordres particuliers des Rois, et qui dans le paquet même de la correspondance trouvait copie des instructions données à Colomb sur son itinéraire, sachant qu’on lui avait interdit de toucher à l’Espagnole, objecta l’ordre formel des Rois. Il est vrai que le besoin de réparer des avaries au de se réfugier contre l’orage n’y était pas prévu. Sans nul doute, Ovando aurait pu accorder la permission de lescendre; mais il craignait de déplaire aux souverains,

3t surtout de s’aliéner les bureaux de la marine, s’il accédait à la demande de l’Amiral. Peut-être aussi n’était-il pas convaincu de la nécessité de remplacer un navire, mis

Page 1