‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 153 sur 444 · ÉVIDENCE DE CET'IE PUNITION DIVINE · texte numérisé non relu

ÉVIDENCE DE CET'IE PUNITION DIVINE

il n’éprouva pas le moindre dommage1. » Après avoir été battues de la tempête durant plusieurs jours, les quatre caravelles se rejoignirent au port d’Azua le dimanche2, comme afin de célébrer ensemble ce saint jour, et remercier Dieu de sa protection manifeste. Les circonstances de cette réunion inespérée paraissent avoir frappé l’Amiral, si habitué aux bontés de sa Haute Majesté.

Ce desastre n a point été considéré comme un simple sinistre de mer; tous les contemporains y ont vu un châtiment providentiel. L’action de la justice divine fut ici tellement transparente que, sans exception, tous les historiens de cette époque s’en montrèrent saisis de respect et d’effroi.

Si le discernement de la tempête, qui épargne le juste et sévit contre les coupables, balaye de son souffle leurs espérances, emporte leurs supplications, verse au gouffre de l’Océan les richesses accumulées au prix de leur âme; si le sauf-conduit donné parmi les abîmes au petit trésor de l’Amiral, qu’on a placé méchamment sur la plus fragile des nefs, et qui l’amène seule à travers l’Atlantique dans le port destiné, nous frappent d’étonnement, cet étonnement se changera en stupeur en songeant à la protection qui, durant ce même instant, couvre la personne et l’escadre de l’Amiral dans la mer des Antilles. Ses quatre caravelles sont également préservées et sur la côte et sur la pleine mer. Le Galicien , ce navire mis en danger par la seule houle , résiste à l’impétuosité des flots-, la Capitane ne perd ni un homme, ni une ancre, ni un câble, ni une planche, ne reçoit aucune avarie.

1 « En el que yo iba, abalumado â maravilla, Nuestro Seîior le salvo que no hubo dano de una paja. « — Lettre aux Rois Catholiques datée de la Jamaïque , le 7 juillet 1503.

2 Fernando Colombo, Vita delV Ammiraglio , cap. lxxxviii.

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