‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 157 sur 444 · CARACTÈRE DE CE CHATIMENT DIVIN · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE CE CHATIMENT DIVIN

la flotte, donné avec insistance, deux jours avant la tempête, nous semblent présenter un caractère prodigieux, assorti au drame surnaturel de ce châtiment de la Providence.

Les circonstances positives des faits ne laissent aucune prétention au Hasard. Ilumboldt et Washington Irving *, les écrivains rationalistes, les contempteurs de l’ordre surnaturel, n’ont pas osé faire intervenir ici le Hasard, et risquer une interprétation, selon leur système, de cet événement formidable.

Quelle sagacité ne montra pas la tempête, en laissant continuer sa route, au plus frêle navire, chargé des droits de l’Amiral, et en se contentant d’avarier les bâtiments de Rodrigo de Bastidas, tandis qu’elle engloutissait inexorablement, après les avoir fracassées, les solides caravelles de la flotte, chargées d’hommes pervers et de richesses homicides ! Quelle sûreté de tact dans l’ouragan, qui respecte 'a Capüane , où flotte le pavillon du Messager de la Croix,

< ne l’endommage pas d’une paille, » suivant l’expression le Colomb 2, la laisse sur ses amarres dans le port, penlant qu’il arrache de leur ancrage, emporte et ballotte lans la haute mer les trois autres navires , les tient en )éril, comme pour marquer, par cette différence de sort,

Humboldt a simplement essayé, dans une note, quelque dénigrelent sur 1 opinion pieuse de Las Casas et de Fernando Colomb, De sor. ôté, Washington Irving prétend que si les coupables furent punis, l’inocent cacique Guarionex partagea leur sort : qu’ainsi l’innocent et le oupable furent confondus. Nous ferons remarquer d’abord, qu’au .point e vue catholique, cette objection est sans valeur ; ensuite, qu’en fait, iuarionex opiniâtrément sourd à la parole évangélique, plusieurs fois ardonné par Colomb et l'Adelantado, ingrat envers eux, instigateur ’assassinats et complice des révoltés, ne saurait, même aux yeux des ommes, paraître innocent.

2 <£ No hubo dano de una paja. » — Lettre aux Rois Catholiques , 'rite de la Jamaïque le 7 juillet 1503.

Page 1