‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 16 sur 444 · LE PASSAGE FRANCHI · texte numérisé non relu

LE PASSAGE FRANCHI

à chaque instant d’être précipités contre les rochers1. » Colomb n’invoqua pas vainement son protecteur. Au moment du plus grand danger, le secours invisible lui vint d’en Haut. Lèvent se leva avec force; l’eau douce grossit ses vagues comme des collines ((Enfin Dieu voulut que cette même eau douce, maîtrisant la salée, jetât les vaisseaux dehors. » Ce fut par la puissance du vent que s’accomplit leur salut. Mais telle était F assurance de l’Amiral, sa confiance dans « la miséricorde de sa Haute Majesté », que, dans ce moment solennel, il s’occupait tranquillement d’observations hydrographiques. Habitué aux prodiges de l’assistance divine, il ne mentionne même pas ce secours merveilleux, et se borne à constater son observation avec cette héroïque simplicité qui le distingue. Il dit seulement ceci : « Je sortis par l’embouchure du nord, et je trouvai que l’eau douce était toujours victorieuse. Et, lorsque je passai, ce qui eut lieu par la force du vent, me trouvant sur une de ces collines liquides, je remarquai que dans les lits du courant, l’eau de la partie intérieure était douce, tandis que la partie extérieure était salée2. » Pendant ce sondage, les équipages étaient à peine revenus de leur consternation.

Dès que ses trois caravelles eurent franchi l’écumante « bouche du Dragon », Colomb donna publiquement cours à sa gratitude. Il remercia hautement le Seigneur de l’avoir soustrait aux périls de F abîme3.

D’abord, il lit porter au nord-ouest; il reconnut la

1 Washington Irving, Vie et voyages de Christophe Colomb , liv. X,

Cil. III.

2 Christophe Colomb, Relation du troisième voyage adressée aux Rois catholiques.

3 Côlon dadas infinitas gracias al Senor que le habia librado, etc. — Munozj Historia del Nuevo Mundo, lib. VI, § 29.

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