‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 170 sur 444 · LA COTE I)E L’OREILLE · texte numérisé non relu

LA COTE I)E L’OREILLE

vant, le vieux Giumbé signala leur anthropophagie. On rencontra encore plus à l’Est une peuplade remarquable par la largeur et l’écartement des oreilles. Hommes et femmes exagéraient ce genre de laideur en se perçant l’oreille d’un trou assez large pour y faire passer un œuf. Ils remplissaient ce vide avec un os ou un caillou poli. Cette singularité valut à ce parage le nom de Côte de V Oreille.

Mais ces observations étaient accidentelles et courtes, parce que, depuis le départ des Jardins de la Reine , on n’avait pas cessé d’être molesté par Tétât de l’atmosphère.

La mer, toujours contraire, astreignait à des travaux continus. Loin de se radoucir, le ciel semblait redoubler de rigueur. Les matelots succombaient à ces fatigues incessantes. La plupart étaient malades ou incommodés. L’âpreté des vents, la violence des flots, l'absence du soleil décourageaient les esprits les plus fermes. Ces pluies diluviennes avaient pourri les voiles qui se déchiraient en lambeaux. On avait perdu des ancres, des apparaux, ainsi que des embarcations et la plus grande partie des approvisionnements. Chaque caravelle avait plusieurs voies d’eau. Et telle était la gravité de la situation, qu’à chaque redoublement de la tempête, on se croyait perdu. L’équipage de la Biscaïenne s’était préparé à la mort, et avait même reçu du Père Alexandre les derniers sacrements. Dans les autres navires , les marins, privés des secours de l’Église, se voyant à toute extrémité, imploraient le pardon de leurs fautes et se confessaient les uns aux autres. Il n’y en eut pas un, grand ou petit, qui ne fît quelque vœu particulier ou ne promît quelque pèlerinage h Parmi les domestiques de l’Amiral,

1 Christophe Colomb. — « Y todos contritos y muchos con promcsa

Page 1