‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 171 sur 444 · SOUFFRANCES DES ÉQUIPAGES · texte numérisé non relu

SOUFFRANCES DES ÉQUIPAGES

plusieurs s’engagèrent à embrasser la vie monastique, s’ils échappaient à cette mort imminente.

Ces scènes de désolation se répétèrent plusieurs fois dans les circonstances lugubres que ramenaient les menaces de l’Océan.

Christophe Colomb avoue lui -même combien était navrante cette position d’agonie : « On a bien vu d’autres tempêtes ; mais aucune n’a été aussi affreuse et n’a duré aussi longtemps, au point que plusieurs des miens, qui passaient pour intrépides, perdirent tout à fait courage1. » Quant à lui, ce qui oppressait son cœur, c’était surtout de voir qu’il avait exposé son jeune fils à de telles souffrances, et de savoir sur le plus mauvais bâtiment de l’escadrille son frère l’Adelantado, qui ne se souciait pas de ce voyage, et n’avait consenti à l’accompagner que par soumission à ses désirs. Il se reprochait leur malheur. Une autre peine accablait son cœur : il songeait à son fils aîné, don Diego, qu’il avait laissé en Espagne, et qui se trouverait orphelin et peut-être dépouillé des honneurs et des droits que lui assurait son majorât. Heureusement, loin de l’accabler de sa propre douleur, le jeune Fernando l’entourait de ses soins et déployait une fermeté au-dessus de son âge. Colomb écrivit : « Notre- Seigneur lui donna un tel courage, que c’était lui qui ranimait les autres. Et quand il s’agissait de s’employer â la manœuvre, il le faisait comme s’il eût navigué quatrevingts ans, et c’était lui qui me consolait2. »

de religion, y no ninguno sin otros votos y romerias. Muchas veces halian Uegado â se confesar les unos â los otros. » — Lettre aux Rois Catholiques , datée de la Jamaïque , le 7 juillet 1503.

1 « Otras tormentas se ban visto, mas no durar tanto ni con tanto espanto. Muchos esmorecieron, harto y hartas veces que teniamos por esforzados. » — Christophe Colomb . — Ibidem.

* « Nuestro Senor le dio tal esfuerzo que él avivaba â los otros, y en

Page 1