‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 173 sur 444 · LES INDIGÈNES DE CARIÀRI · texte numérisé non relu

LES INDIGÈNES DE CARIÀRI

abri très-propre au radoub des caravelles. Le jour de l’arrivée, on commença par boucher les voies d’eau, réparer les agrès, faire aérer et sécher les provisions que la température et l’eau de mer avaient avariées. Les matelots préférèrent, tant ils étaient harassés, rester dans Jeurs hamacs que de courir sur le rivage. Le lendemain, ï’Amiral ne donna point la permission de descendre. Les indigènes, rassemblés avec leurs flèches, leurs javelots en bois de fer et leurs massues ou macanas, pour s’opposer à l’invasion de ces étrangers, voyant qu’ils ne sortaient point de leurs navires et ne paraissaient pas s’occuper d’eux, cessèrent leurs belliqueux apprêts. La curiosité l’emporta sur la défiance. Ils s’approchèrent des flots , faisant des signes de paix et montrant aux Espagnols des couvertures de coton, des camisoles peintes, des armes. Les plus hardis se jetèrent à la nage et vinrent proposer des échanges.

Voulant donner une haute idée de la grandeur et de la générosité des hôtes qui arrivaient en ces lieux, l’Amiral défendit toute espèce de trafic. 11 gratifia les indigènes de ces colifichets dont ils faisaient grand cas, et ne voulut rien accepter. Les gens de Cariari firent signe aux Espagnols de venir au rivage; mais, voyant que leurs invitations et leurs instances étaient inutiles, ils tinrent conseil entre eux ; et, soit que leur fierté se blessât du refus de leurs dons, soit qu’ils crussent y voir une injurieuse défiance de leurs intentions, ils résolurent de ne pas recevoir à leur tour les présents de ces inconnus; en conséquence, ils n’en firent qu’un tas et les laissèrent sur la grève. Le mercredi matin, l’Amiral ayant accordé la permission d’aller à terre, le premier objet qu’on aperçut fut ce paquet de bagatelles d'Europe l.

* Fernando Colombo, Vita delV Ammiraglio , cap. xci.

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