‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 176 sur 444 · NOUVELLES DE L’OR · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE L’OR

gnirent les caravelles, et revinrent le lendemain pour continuer les échanges • en approchant , on aperçut sous les arhres les indigènes, qui y avaient passé la nuit de peur d’une surprise. On les appela; ils ne répondirent point. Les Espagnols de leur côté se tinrent immobiles dans les embarcations. Ces riverains, prenant ce calme pour de la poltronnerie , résolurent de se débarrasser de ces importunes visites. Ils battirent le tambour, décochèrent des flèches. Afin de couper court à cette agression, les Espagnols tirèrent une arbalète et un coup de canon. La détonation produisit une telle épouvante parmi les indigènes, que les armes s’échappèrent de leurs mains et qu’ils s’enfuirent au fond des bois. Alors quatre Espagnols seulement descendirent, les appelèrent ; ils revinrent soumis, et troquèrent trois miroirs ; ils n’en avaient pas davantage, n’étant venus là que pour combattre.

De ces parages l’escadrille s’avança vers l’Est, passa devant Cobrava, aperçut cinq grandes bourgades assises près des rivières. On eut là de nouveaux renseignements sur l’or. On sut que les Indiens ramassaient à Veragua l’or dont ils faisaient leurs miroirs, et que Veragua n’était pas éloignée. Les interprètes indiens assurèrent que là finissait la terre de l’or.

§ ni.

Tout homme ami des grandeurs , sachant que la possession des mines lui rendrait la faveur de la cour et fermerait la bouche à ses ennemis, n aurait pas eu de soin plus empressé que de reconnaître aussitôt cette contrée nourricière de l’or, d’en prendre possession dans les formes solennelles, et de retourner en Espagne, pour en revenir avec des forces suffisantes à l’occupation du pays.

COLOMB EN FACE DE PANAMA. 4il7

Mais Colomb, tout occupé de découvrir le Détroit, ne voulut pas rétrograder pour des mines qu’il regardait déjà comme acquises. Il partit malgré des pluies torrentielles, afin de continuer son voyage et de rencontrer le Détroit désiré.

Il se trouvait précisément parvenu à l’endroit que de Grenade, sous les voûtes ogivales de l’Alhambra, il avait désigne comme devant lui livrer passage, pour porter dans la mer du Midi l’étendard du Salut. Il faisait suivre par la Biscaienne les moindres sinuosités des côtes. On était alors sur le littoral de Chagres. Il cherchait anxieusement le passage en face même de Panama, alors inconnu. Il pressentait ce point géographique, objet de tant de vœux inutiles depuis trois cent cinquante et un ans, cet important terrain que les géologues de France, d’Angleterre et de Prusse ont tant étudié. 11 s’opiniâtrait à vouloir trouver le Détroit là où, malgré son inexistence, les besoins de la civilisation le réclament et le sollicitent encore. Il le cherchait aux lieux qu’une configuration particulière semble avoir préparé pour la section des deux grandes régions du Continent américain. On dirait que la Nature s’est soudain arrêtée dans son œuvre sur l’ordre du Très- Haut, qui réserve sans doute à l’humanité l’ouverture de ce passage, comme le prodige de son génie et le dernier terme de sa puissance. L’Amiral cherchait donc le Détroit, uon point à l’extrémité des contrées australes où il se trouve, mais là même où il devait être, et où il sera un jour. Le Pœvélateur de la Création est venu désigner son emplacement.

§ iv.

Colomb, n’ayant pas trouvé le Détroit à Chagres , con-

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