‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 181 sur 444 · COLOMB SE DIRIGE VERS LES MINES D’OR · texte numérisé non relu

COLOMB SE DIRIGE VERS LES MINES D’OR

en nombre infini attaquaient, de la quille à la ligne de flottaison, il résolut de rétrograder et d’aller visiter les mines d’or de la Yeragua, sur lesquelles il avait eu des renseignements fabuleux.

Le lundi 5 décembre, il sortit du port le Cabinet , et mit le cap sur l’ouest, voulant arriver à Yeragua. On atteignit le Beau Port, où I on passa la nuit. Le lendemain, malgré le vent contraire, on poursuivit la route*, et le vent passa bientôt à l’est. C’était enfin ce souffle désire que l’Amiral attendait depuis trois mois! Un moment il fut tenté de le mettre à profit, malgré le délabrement de ses navires*, pourtant son instinct le détourna de cette invitation perfide. En effet, a peine eut-on fait quatre lieues, que des rafales continues empêchèrent de tenir une route quelconque. Colomb fut contraint de revenir à Beau Port pour attendre le retour du calme ; mais à l’instant ou il y entrait, une violente bourrasque les repoussa vers le large. Les vagues étaient si hautes et les secousses si violentes qu’on ne savait plus comment gouverner. Il tomba de nouveau malade*, une de ses anciennes blessures se rouvrit; et, pendant neuf jours, on perdit toute espérance de le conserver à la vie 1 . Des souffles contraires et incessamment variables empêchaient également d’entrer dans un port et de gagner la haute mer. Les caravelles se trouvaient ainsi ballottées, sans miséricorde, entre le danger d’être submergées et celui de se briser contre les écueils, qu empêchait ^de distinguer le bouillonnement de

fonde. .

Pourtant jamais les marins, les pilotes de 1 expédition,

qui pensaient avoir épuisé dans cette campagne toutes les rigueurs de la mer, n’avaient encore éprouvé un véritable

i Christophe Colomb, Lettre aux Rois Catholiques , écrite de la Jamaïque le 7 juillet 1603.

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