‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 186 sur 444 · COLOMB EN PRÉSENCE DU PHÉNOMÈNE · texte numérisé non relu

COLOMB EN PRÉSENCE DU PHÉNOMÈNE

la chose formidable qui approchait. La mer était soutirée vers le ciel. A ce phénomène inconnu, il ne vit point do remède: l’art était inutile, la navigation impuissante; d’ailleurs, on ne pouvait plus gouverner.

Aussitôt Colomb, l’adorateur du Verbe, soupçonna dans cet effroyable déploiement des forces brutales de la nature quelque manœuvre satanique. Il ne pouvait conjurer les puissances de l’air d’après les rites de l’Eglise, craignant d’usurper sur le sacerdoce; mais il se rappela qu’il était chef d’une expédition chrétienne; que son but était saint, et voulut, à sa manière, sommer l’esprit de ténèbres de lui livrer passage. Il lit soudain allumer dans les fanaux des cierges bénits, arborer l’étendard royal de l’expédition; ceignit son épée par-dessus le cordon de saint François; prit en ses mains le livre des Evangiles; et debout en face de la trombe qui s’approchait, lui notifia la sublime affirmation qui ouvre le récit du disciple bien-aimé de Jésus, saint Jean, le fils adoptif de la Vierge.

S’efforçant de dominer de sa voix le bruit de la tempête, le Messager du Salut déclara au typhon qu’au commencement était le Verbe; que le Verbe était en Dieu, et que le Verbe était Dieu. Que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui ; qu’en lui était la vie , et que la vie était la lumière des hommes ; que la lumière luit dans les ténèbres , et que les ténèbres ne l’ont point comprise ; que le monde qui a été fait par lui ne l’a pas connu ; qu’il est venu dans son propre bien, et que les siens ne l’ont pas reçu ; mais qu’il a donné à ceux qui croient en son nom, et ne sont nés ni du sang, ni de la chair, ni de la volonté de l’homme, le pouvoir d’être faits enfants de Dieu; et que le Verbe s’est fait chair, et qu’il a, habité parmi nous.

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