‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 187 sur 444 · CO LO MU SOMME L’ESPRIT DES TÉNÈBRES · texte numérisé non relu

CO LO MU SOMME L’ESPRIT DES TÉNÈBRES

Alors, de par ce Yerbe divin, notre Rédempteur, dont la parole calmait les vents et apaisait les flots, Christophe Colomb commande impérieusement à la trombe d’épargner ceux qui, faits enfants de Dieu, s’en vont porter la Croix aux extrémités des nations, et naviguent au nom trois fois saint de la Trinité. Puis, tirant son épée, plein d’une ardente foi, il trace dans l’air avec le tranchant de l’acier, le signe de la Croix, et décrit autour de lui un cercle acéré, comme s’il coupait réellemeut la trombe1. Et en effet, ô prodige ! la trombe, qui marchait vers les caravelles, attirant avec un noir bouillonnement les flots, parut poussée obliquement, passa entre les navires à demi noyés parle bouleversement des vagues, s’éloigna rugissante, disloquée, et s’alla perdre dans la tumultueuse immensité des plaines atlantiques 2.

Cette subite retraite du phénomène destructeur parut à l’Amiral une nouvelle faveur de 8a Haute Majesté. « Ils crurent en avoir été garantis par la vertu divine 3. »

« La même piété qui l’avait fait recourir à Dieu pour être préservé, l’empêcha de douter qu’il ne lui fut redevable de son salut dans cette circonstance4. » Le fait est que la trombe passa près du navire de l’Amiral ; qu’à défaut de tout moyen nautique de s’en garer, il récita le

1 De là cette idée, d’abord répandue chez les marins, qu’on se préservait de la trombe en la coupant avec un sabre et l’Évangile de saint Jean. Dans sa traduction de la vie de Christophe Colomb, le Provençal Cotolendy rappelle naïvement cette croyance. Il dit dans une note marginale, en parlant de la trombe, « on s’en garantit en la taillant avec un couteau et l’Évangile de saint Jean. » — La vie de Cristofle Colomb , 2e partie, chap. xxx ;i. — In-12, chez Claude Barbin,1681.

2 Las Casas, Historia de las Indïas, lib. II, capit. xxiv. Ms.

3 Herrera, Histoire générale des voyages et conquêtes des Castillans dans les Indes occidentales. Décade ire, liv. V, chap. ix.

* Le P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue, liv. IV, p. 242.

LE FAIT UAl'POHTÉ PAU W.

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