‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 188 sur 444 · I H VI NE · texte numérisé non relu

I H VI NE

commencement de l’Évangile de saint Jean, lit avec son sabre le signe de la couper \ et qu’elle s’éloigna, rompue, brisée, et s’évanouit au loin.

Ne pouvant rien objecter contre l’autorité du fait, le

protestant Washington Irving, pour affaiblir l’effet de ce miraculeux événement, attribue à une résolution collective des équipages l’œuvre propre de l’inspiration de Colomb. 11 dit : a A la vue de la trombe qui s’avançait sur

« eux, les marins désespérés, reconnaissant qu’aucun « effort humain ne pouvait détourner ce danger, se mirent « à réciter des passages de saint Jean l’Évangéliste. La

« trombe passa entre les vaisseaux sans leur faire aucun « mal, et les matelots tremblants attribuèrent leur salut à « l’efficacité miraculeuse des paroles de l’Écriture 2. » Washington Irving a beau tenter d’effacer sous le pluriel l’initiative spontanée de Colomb, et de faire disparaître l’action propre de l’admirateur du Verbe 5 le fait lui-mcme, intrinsèquement, proteste contre cette défiguration de l’histoire, et lui oppose des impossibilités matérielles et morales. Comment les caravelles, séparées par cette effroyable agitation, pouvant à peine s’entrevoir l’une l’autre i travers la vapeur d’eau, les globules d’écume remplissant f air, et encore moins s’entendre distinctement, pouvaient-elles convenir d’un moyen de combattre la trombe? s’accorder sur le choix de l’Évangéliste, s’indiquer les oassages jugés capables de conjurer le péril ? Dans sa ’apidité de marche, l’affreux tourbillon laissait-il le temps

1 « Manica che il martedi ci 13 di décembre passo fra i navigli, la [uale se non tagliavano dicendo l’Evangelio di san Giovanni, non é lubbio cbe annegava chiunque colto ella havesse. » — - Fernando Coombo, Vita delV A mmiraglio, cap. xeiv.

2 Washington Irving , Histoire de Christophe Colomb , liv. XV , ;hap. vi, t. III, p. 211.

Page 1