DIEGO MENDEZ
mouche, dans laquelle il avait été blessé à la cuisse. Pendant qu’il préparait son attaque sous les yeux des Espagnols sans défiance, à bord du Saint- Jacques de Palos , un homme observait attentivement les allées et venues des indigènes.
Cet homme a pris une part trop grande à cette expédition et au sort de l’Amiral, pour que nous ne lui accordions pas ici une mention à laquelle aurait droit son seul courage, si ses vertus ne primaient sa valeur : il était de Segura et se nommait Diego Mendez. Une admiration anticipée l’avait dès le commencement attaché à la personne de Colomb en qualité de serviteur volontaire. Il l’avait accompagné dans sa première Découverte-, était devenu l’un de ses ecuyers, et, à ce titre, 1 avait suivi au second et au troisième voyage. L’Amiral ayant reconnu son mérite, bavait nommé secrétaire en chef de l’escadre et placé à bord du Saint-Jacques de Palos , pour remédier à l’incapacité du capitaine François de Porras.
Diego Mendez vint trouver l’Amiral et lui dit : « Monseigneur, ces gens qui ont passe par ici en tenue de guerre disent qu’ils vont rejoindre ceux de Veragua, pour marcher contre les Indiens de Cobrava Aurira. Je pense que c’est au contraire pour brûler nos vaisseaux et nous massacrer tous1. » L’Amiral chargea Diego Mendez de surveiller les Indiens. Sans perdre un instant, celui-ci imagine d’armer un canot et de longer la côte de Veragua pour reconnaître le camp ennemi. Il n’eut pas fait une demilieue, qu’il trouva réunis plus de mille guerriers bien pourvus de vivres et de liqueurs 2. F aisant accoster le
1 Relacion hecha por Diego Mendez de algunos acontecimientos del ültimo viage del Almirante don Cristôbal Colon.
* « Cuando liallé ai pic di mil hombres de guerra con mucbas vi-