‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 205 sur 444 · COLOMB INQUIET DU SORT DE L’ÉTABLISSEMENT · texte numérisé non relu

COLOMB INQUIET DU SORT DE L’ÉTABLISSEMENT

F entre-pont ; et cette fois, les officiers fermèrent euxmêmes le cadenas. Le lendemain, quand on ouvrit récoutille pour aérer l’entre -pont et donner la ration aux prisonniers, on n’en trouva plus aucun de vivant. Ils s étaient étranglés, de désespoir, avec des bouts de filin oubliés dans une encoignure.

L’inquiétude s’accrut par cette fuite; et ce nombreux suicide ajouta aux horreurs de la situation. On craignit que les Indiens échappés du Saint-Jacques-de-Palos n’eussent fait attaquer l’établissement espagnol. L’exemple des Indiens qui avaient bravé les flots excita l’ardeur de quelques marins.

Le premier matelot de la Biscaienne, Pedro de Ledesma, du port de Séville, s’offrit pour aller à terre, si l’Amiral le faisait conduire en canot jusqu’aux approches du ressac, où l’embarcation attendrait son retour. Grâce

à ses muscles de bronze, à sa vigueur respiratoire, soutenue par l’habitude de Fonde amère, il atteignit le rivage, et arriva inopinément à l’établissement espagnol, où il fut reçu avec une joie délirante comme un libérateur. Ils lui apprirent le combat funeste du (:> avril, le sort du capitaine Diego Tristan, la destruction de la chaloupe et des hommes qui la montaient. Il vit Juan Noya, son compatriote, le seul qui eût échappé à ce désastre. Tous le chargèrent de supplier l’Amiral de les emmener, prenant Dieu à témoin que, s’il les délaissait sur cette côte maudite , ils s’embarqueraient sur le Galicien à demi pourri et s'abandonneraient à la merci des Ilots, plutôt que de tomber vivants entre les mains des sauvages, qui leur réservaient d’épouvantables supplices.

Pedro de Ledesma repartit chargé du message verbal de l’Adelantado. A travers le brisement des lames, il rejoignit le canot, et fut conduit à l’Amiral, qui, pour

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