ACTION ET RAPPORT DE PEDRO DE LEDESMA
récompenser ce courage exemplaire, l’éleva incontinent au rang d’officier l.
§ III
Le rapport de Pedro de Ledesma jeta Colomb dans une affreuse perplexité. Il savait exposés les hommes qu’il avait à terre, sans pouvoir les secourir. Il sentait là son frère blessé , ayant sous ses ordres une troupe déjà éclaircie par la mort, par le désespoir, prête à la révolte, et qu’entouraient une multitude de sauvages furieux. Les trois caravelles fatiguaient sur leurs amarres, chassaient presque sur leurs ancres. Il sentait que, percées à jour et faisant eau par toutes les coutures, elles ne pourraient soutenir un nouvel assaut de la tempête. Les équipages se livraient à leurs appréhensions sinistres. Quant à lui, au paroxysme de ses douleurs, il fut atteint d’une fièvre ardente. La mer irritée, le ciel rigoureux, persistaient dans leur inclémence. Il n’apercevait qu’angoisses et assombrissement parmi les équipages. Il voyait autour de lui pleurer à chaudes larmes les capitaines de mer complètement démoralisés.
1 Washington Irving, Humboldt et tous les historiens de Colomb désignent invariablement Pedro de Ledesma par le titre de pilote, dès le départ deCadix, c’est là une erreur évidente. Il ne dut sa promotion qu’à la générosité de l’Amiral. Jusqu’alors il était inscrit sur le rôle d’équipage de la Biscaïenne , en qualité de premier matelot. 11 figurait le premier dans la classe des mariner os ; et son nom ni aucun autre nom semblable au sien n’était porté sur la liste de l’État-major. Plus tard, Pedro de Ledesma, non content de son titre de Pilote, se donna celui de Capitaine Commandant de la Biscaïenne. On lit dans l’Enquête du Fiscal, faite à Séville le 18 mars 1513 : — '< Pedro ^de Ledesma piloto déclaré que fué en el viage por capitan y piloto del navio Viscaino, etc. » — Pleyto, Probanzas del Fiscal. Pregunta 9.