SITE DU PARADIS SUPPOSÉ PAR COLOMB
mation. Il dit que cette élévation n’est point produite par une saillie abrupte de la Terre dans cette contrée. Elle n’est point un accident brusque et pénible du sol; mais qu’elle procède de fort loin, étant ménagée et amenée par une progression insensible. Ce qui est parfaitement exact.
De ladécouverte du renflement équatorial, Colomb pousse plus avant encore dans la science. Il s’efforce de reconnaître le caractère historique de cette contrée. Comme s’il eût admis ce principe de la philosophie allemande : <c La terre est la prophétie de l’histoire, » il cherche quelle peut être la destination d’une région si différente de celles qu’il a parcourues ou qu’ont décrites les voyageurs. Ce pays étant le plus rapproché des cieux, par conséquent ayant reçu le premier les rayons du soleil, l’Amiral se demande si cette sublime élévation, cette aménité de température n’indiquent pas l’ancien séjour du premier homme, le paradis terrestre? Ilne dit point avoir trouvé l’emplacement de ce lieu de délices; mais il suppose qu’au point culminant du renflement équatorial doit se trouver ce lieu , qu’aucun homme ne saurait atteindre , dit-il, sans la permission divine *. Ce qui l’en persuade, c’est ce fleuve géant dont le volume immense ne peut être comparé à aucun de ceux que l’on connaissait. Il présume que ce fleuve, assez puissant pour adoucir l’eau de la mer à une si grande distance du rivage, est l’un des quatre fleuves découlant du paradis terrestre, dont il
est parlé dans l’Écriture.
1 Adonde no puede llegar nadie, salvo por voluntad divina. » — Tercer v ici (je de Cristôbal Colon .