‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 22 sur 444 · SUR L’OPINIPN DE COLOMB · texte numérisé non relu

SUR L’OPINIPN DE COLOMB

Deux membres de l’Académie des sciences, à Paris et à Berlin, ont tristement plaisanté sur la croyance de Colomb au paradis terrestre. Nous ne trouvons pas, nous, qu’il y ait matière à déprécier ce grand homme pour cette conjecture alors très-rationnelle et motivée. À une époque où près des deux tiers du Globe étaient à découvrir, rien n’indiquait qu’on ne trouverait pas le paradis terrestre. Colomb n’appartenait en rien à l’école rationaliste et naturaliste de la philosophie moderne. 11 croyait d une foi vive et implicite à ce qu’enseigne 1 Église catholique. 11 ne doutait donc pas de l’existence du paradis terrestre. En plaçant cette région au-dessus de l’habitation des races humaines, il était tout naturel que cette contrée privilégiée n’eût pas été, comme le domaine de l’homme, bouleversée par les eaux du Déluge ; et qu’elle fût demeurée intacte à travers les âges comme au premier jour. Les théologiens, les savants du moyen âge supposaient, d’après les expressions de la version des Septante, le paradis terrestre situé dans la partie la plus orientale de l’Asie. Or, la Terre ferme étant, aux yeux de Colomb, le commencement de l’Orient, il pouvait très-rationnellement penser trouver les régions voisines du paradis terrestre. L’induction de Colomb, qu’il ne donne au reste que pour une présomption, est infiniment mieux appuyée que l’opinion généralement admise alors sur le paradis terrestre. Il rappelle que les uns l’avait placé aux sources du Nil en Éthiopie, d’autres aux îles Fortunées; que sainJt Isidore, Beda, Strabon, le maître de l’histoire scolastique, et saint Ambroise, etc., s’accordent à le dire en Orient quant à

1 « Algunos le ponian allî donde son las fuentes del Nilo en Etiopia, . . .

Page 1