‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 212 sur 444 · ABANDON DU GALICIEN · texte numérisé non relu

ABANDON DU GALICIEN

l’ordre de la composition diplomatique. On n’arrange pas de cette façon une fine vengeance de cour.

Reprenons le récit.

Lorsque Colomb sortit de son accablement, il se sentit fortifié. Mais le temps ne se remettait pas. Pendant neuf jours, sa constance fut de nouveau éprouvée. Enfin la mer se calma. Durant ce temps, le fidèle Diego Mendez, en sa qualité de secrétaire en chef de la flotte et de cornmissaiie de la marine, avait combine les moyens de rejoindre au plus tôt l’Amiral, en sacrifiant le moins d’objets possible. Il passa quatre jours à faire, avec les voiles inutiles du Galicien , des sacs dans lesquels il renferma le biscuit qui restait. Puis il s’empara de deux canots indiens, les attacha F un à l’autre fortement avec des espars, construisit avec des planches un tillac sur lequel il embarqua la poudre, le biscuit, les outils, les objets dechange ; il fit lier par des cables a la suite de cette embarcation, les barils d’huile, de vin, de vinaigre-, et, dès que la mer devint bonne, le canot du Galicien , manœuvré Par les meilleurs rameurs, remorqua ce matériel, et 1 amena aux caravelles. Apres, il revint successivement chercher ce qui pouvait être embarqué. En sept voyages, tout fut transporté aux caravelles.

Diego Mendez eut le courage de rester le dernier à terre avec cinq hommes, de veiller à ce que rien ne fût inutilement perdu -, puis, à la nuit, il s’embarqua lorsque tout fut fini. On avait retiré du Galicien tout ce qui pou» vait s’utiliser; le corps du navire, percé à jour par les tarières et ouvert de tous côtés, fut abandonné dans le fleuve. On reçut avec une indicible joie les compagnons iju’on avait cru perdus. Ce fut une ivresse générale. L’Amiral, plein d’affection pour ses serviteurs et de dénouement envers qui faisait son devoir, remercia publi-

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