‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 214 sur 444 · ÉTAT EXCEPTIONNEL DE LA MER · texte numérisé non relu

ÉTAT EXCEPTIONNEL DE LA MER

a 1 acharnement inouï des éléments conjures contre ses caravelles, un suprême effort de l’ennemi du Salut pour s’opposer à l’accomplissement de ses vœux.

On ne peut nier que ce voyage entrepris afin d’ouvrir passage à la Croix sur l’immensité de l’Océan, et la ramener en Europe par la circumnavigation du Globe, n’ait rencontré dans les vents, les flots, les météores aqueux et ignés, une opposition violente autant qu’exceptionnelle: et que l’opiniâtreté de la lutte de Colomb ne soit le plus grand exemple de la constance humaine contre des forces qui surpassaient si terriblement les moyens de l’humanité. Jamais les plus vieux marins n’avaient ouï parler de tels périls sur la mer; jamais les caravelles n’avaient expérimenté de si puissantes lames, soutenu de si fréquents assauts. On n’avait point encore vu pareille obstination dans la fureur de l’Océan. Le secret ennemi de Colomb, le notaire Diego de Porras, qui dans sa Pœlation tentait de dissimuler les difficultés de cette navigation, afin de montrer que les dispositions prises par l’Amiral étaient 1 effet d un pur caprice, est forcé d’avouer que l’on éprouva cette année-là des contrariétés extraordinaires *. Ces inclémences de l’air, cette véritable hostilité des éléments avaient profondément frappé le jeune Fernando Colomb, bien qu il montrât un grand courage, pour ne pas ajouter aux angoisses de son pere. Plus tard, après avoir plusieurs fois traversé l’Atlantique, quand il écrivit son histoire, une expérience de trente ans ayant modifié ses idées cos-

iora. » — Christophe Colomb, Lettre aux Rois Catholiques , datée de 'a Jamaïque le 7 juillet 1503.

1 « La Costa es bien temerosa 6 lo fizo parescer ser aquel ano muy empestuoso, de muchas aguas é tormenta del cielo. » — . Diego de Doras, Relacion del viage é de la tierra agora nuevamente descubierta wr el Almirante D. Cristôbal Colon „

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