‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 217 sur 444 · LES ILES DES TORTUES · texte numérisé non relu

LES ILES DES TORTUES

parti entre la Capitane et le Saint-Jacques de Palos . L’Amiral n’en continua pas moins la même route. Il passa à la hauteur du port Bel Retrete , puis traversa le groupe des Iles Barbes, appartenant au Cacique Pocorosa. Il se rapprocha de nouveau de la terre, franchit le cap Saint-Biaise, s’avança dix lieues plus à l’ouest.

Habitué aux bontés de la Providence qui l’avait tant de fois soutenu et préservé, l’Amiral continuait son exploration avec ses navires criblés et presque sans vivres. Le 1er mai, les pilotes, justement effrayés de la situation, lui représentèrent l’état des bâtiments , l’affaiblissement des équipages, épuisés de privations et de fatigues. Ils insistèrent tous. Colomb fit alors porter directement au nord. Pendant deux jours il eut un bon vent. Ses officiers craignaient d’avoir été poussés à l’est de l’archipel Caraïbe, tandis que l’Amiral, au contraire, craignait d’avoir été entraîné à Y ouest du cap Saint-Michel , ce qui effectivement était arrivé l.

Le 2 mai , l’Amiral atteignit deux îles si couvertes de tortues, qu’il leur en donna le nom. Les courants et les vents contraires les poussèrent de nouveau au milieu des bas-fonds des Jardins de la Reine , quoiqu’il eût tout calculé pour les éviter. L’impétuosité de la mer le contraignit de rétrograder et de mettre à la cape. Les provisions étaient presque épuisées. Il ne restait plus qu’un peu de biscuit, d’ail, d’huile, de vinaigre, et l’eau entrait de toutes parts. On était jour et nuit aux pompes.

Dans cette triste situation, une tempête les assaillit.

L’Amiral perdit successivement en peu d’heures trois

i « E ancor che tutti i piloti, dicessero che noi saressimo passati al levante delle isole de Caribi, l’Ammiraglio non dimeno temea di non poter pur prendere la Spagnuola; il che se verifico. » — Fernando Colombo, Vita dell' Ammiraglio , cap. c.

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