‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 229 sur 444 · ENTRETIEN DE L’AMIRAL AVEC DIEGO MENDEZ · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DE L’AMIRAL AVEC DIEGO MENDEZ

homme de dévouement, faisant à Dieu le sacrifice de sa vie, s’immolant au salut de tous, pouvait tenter cette en-

treprise. Mais qui serait celte généreuse victime? Colomb avait beau chercher 5 il ne voyait capable de cet héroïsme que son ancien serviteur, le capitaine de pavillon, Diego Mendez, officier formé à son intime école, qui aimait Dieu, la science, l’Amiral son maître, et n’était point arrêté pluies attaches de la terre. Le dixième jour, l’Arhiral appela le capitaine de pavillon à une conférence particulière, qui, restée secrète pendant trente-trois ans, fut divulguée par celui-ci, le 19 juin 1536, dans l’acte solennel de ses dernières dispositions \ La grandeur d’âme que nécessitait un sujet si délicat, la gravité des conjonctures au milieu des= quelles on était placé, donnent à ce mystérieux colloque un intérêt saisissant.

L Amiral et son capitaine de pavillon étaient seuls devant Dieu dans la cabine. Voici quelles furent les propres paroles de Colomb :

« Diego Mendez, mon fils, aucun de ceux qui sont ici, excepté vous et moi, ne se doute du danger dans lequel nous sommes , par suite de notre petit nombre et de la multitude des Indiens sauvages, dont le caractère est inconstant et fantasque ; et lorsqu’il leur prendra fantaisie de venir nous brûler dans ces deux navires , dont nous avons fait des maisons de paille, ils pourront facilement de la terre y mettre le feu et nous brûler tous. L’arran-

1 Ce testament olographe contenant treize pages fut écrit à Vallaflolid et déposé aux mains de Fernand Ferez, secrétaire du Roi et notaire de la Cour, le 26 du môme mois, en présence de sept témoins, tous officiers de la maison de la Vice-Reine des Indes, doua Maria de Tolède. Il est à noter que le premier de ces sept gentilshommes était l’honorable Diego de Àrana, neveu de Beatriz Enriquez, parent par alliance de la Vice-Reine.

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