‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 230 sur 444 · MOYEN DE SECOURS PROPOSÉ PAR COLOMB · texte numérisé non relu

MOYEN DE SECOURS PROPOSÉ PAR COLOMB

gement que vous avez fait avec eux , pour qu’ils nous apportent des vivres, ce qu’ils font cle si bonne grâce, peut bientôt, ne plus leur convenir, et il ne serait pas surprenant que demain ils ne nous apportassent plus rien : or nous ne sommes pas en position de prendre ces vivres de vive force, et nous aurons à en passer par où ils voudront. J'ai pensé à un moyen pour nous tirer d’embarras, si vous le trouvez bon : ce serait que quelqu’un s’aventurât sur le canot que vous avez acheté, pour se rendre à l’île Espagnole et s’v procurer un navire, avec lequel nous pussions sortir de la situation périlleuse dans laquelle nous nous trouvons. Dites-moi votre opinion h »

Diego Mendez répondit : « Seigneur, je vois parfaitement le danger qui nous menace, et il est plus grand qu’on ne saurait l’imaginer. Je considère le projet de passer de cette île dans l’île Espagnole avec un bâtiment aussi petit que ce canot, non-seulement comme fort difficile, mais encore comme impossible, parce que je ne connais personne qui ose se hasarder à courir le risque si patent2 de traverser un golfe de quarante lieues entre des îles ou la mer est si impétueuse. »

Il y eut ici un instant de silence.

Colomb ne répliqua point, car il n’y avait rien à objecter. Il ne s’agissait plus de raisonnement, mais de sacrifice. Son regard, son attitude disaient assez à son écuyer que c’était à lui, homme de foi et de courage, qui avait éprouvé la bonté de Dieu, de s’offrir de nouveau pour le salut commun.

Diego Mendez comprit ce muet langage de la pensée,

1 « Decidme vuestro parecer. » — Testament olographe de Diego Mendez-, fait à Valladoüd le 19 juin 1536.

2 « No sé quien se ose aventurai’ â peligro tan notario. » — Testament olographe de Diego Mendez, fait à Valladolid le iQ juin 1536.

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