‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 240 sur 444 · RÉBELLION DES FRÈRES PORRAS · texte numérisé non relu

RÉBELLION DES FRÈRES PORRAS

divine, son parfait acquiescement éloignaient de lui les violentes pensées et les secrètes irritations dont étaient agités un grand nombre de ses marin».

En dépit du secret que s’étaient promis les hommes du complot, leurs allures, leurs paroles acerbes trahissaient leurs projets hostiles. Quelque chose en avait transpiré vaguement. On savait qu’il y avait des mécontents. L’Amiral avait plusieurs fois réuni en conseil tous ses officiers pour leur demander s’ils trouvaient quelque expédient pour sortir de cette situation. Quant à lui, n’en voyant point, son avis était d’attendre avec constance et confiance, malgré le long temps déjà écoulé. Dans ces conseils les deux Porras n’avaient rien eu à objecter ; presque tous les officiers partageaient l’avis de leur chef.

On était arrivé à l’année 1504.

L’Amiral avait offert à Dieu tous les jours de l’année qui s’ouvrait. Le lendemain 2 janvier, jour fixé par les rebelles, ils prirent les armes. François de Porras, qu’ils xvaient élu pour leur chef, ouvrit impudemment la cabine de l’Amiral, que ses douleurs tenaient immobile lans son lit, et, d’un ton provocateur, lui dit : « Il paraît, \miral, que Votre Seigneurie ne compte pas retourner sitôt en Castille, et qu’elle a résolu de nous faire périr ci. » Ce début surprit Colomb, suivant sa pittoresque mage, « autant que si les rayons du soleil avaient produit les ténèbres1. » En entendant ces insolentes paroles, ’Amiral se douta aussitôt de tout ce qui pouvait être irrivé. Et il lui répondit avec une modération pleine de courtoisie, qu’il devait bien voir l’impossibilité de passer i Hispaniola sans avoir des navires ; qu’on ne pouvait

1 « De que fui yo tan maravillado como si los rayos del sol causaran

inieblas. » — Car tas del D. Cristôbal Colon à su hijo D. Diego .

^ttre du 21 novembre 1504.

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