‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 242 sur 444 · COLOMB ABANDONNÉ PAU UNE PARTIE DES SIENS · texte numérisé non relu

COLOMB ABANDONNÉ PAU UNE PARTIE DES SIENS

posté près de la pompe, pour interdire aux rebelles l’approche du château d’arrière. Les officiers et les serviteurs dévoués de Colomb l’entraînèrent dans la cabine de l’Amiral; et ils obligèrent les frères Porras à se retirer, en leur représentant que, puisqu’on les laissait faire et prendre ce qu’ils voulaient, il serait prudent à eux de se retirer avant d’être cause de la mort de l’Amiral, ce dont assurément ils seraient sévèrement châtiés 1 en Castille par la justice de la Reine. Alors les rebelles s’emparèrent des canots que l’Amiral avait achetés des Indiens, autant pour s’en servir au besoin que pour leur enlever une facilité d’attaquer les baraquements, et partirent en poussant des cris de triomphe. Le succès grossit leur parti : c'était à qui ramasserait promptement ses hardes et obtiendrait une place dans les canots. La troupe de Porras se monta à quarantehuit hommes. Il ne resta auprès de l’Amiral que les officiers les plus dévoués, ses serviteurs, et les malades, qui se livraient au désespoir, se croyant abandonnés.

En apprenant leur désolation, l’Amiral se lit porter à l’infirmerie pour les consoler, relever leur courage, leur parler de Dieu, qui éprouve par les tribulations, les engager à mettre en lui leur confiance, et leur promettre qu’il apporterait bientôt remède à leur situation. Il prit des mesures, pour que ces infortunés reçussent des soins assidus.

Soutenu par les bras de ses domestiques, chaque jour Colomb arrivait à la baraque qu’on avait transformée en hôpital, et restait près des malades pour s’enquérir de leur état, les soigner, les distraire, les consoler chacun en particulier. Afin d’exciter le zèle du médecin et des infirmiers, il s’occupait des remèdes, des potions, des pan-

1 Las Casas, Hisloria de las Induis, lib. II, cap. xxxn. Ms.

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