‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 248 sur 444 · VALEUR DES TÉMOIGNAGES · texte numérisé non relu

VALEUR DES TÉMOIGNAGES

nom du Seigneur, nous paraît absolument incompatible avec le caractère presque évangélique de Colomb.

Et d’abord , remarquons-le bien : les paroles que les ; écrivains ont prêtées à Colomb ne sont nullement textuelles; et elles n’ont pu l’être.

Les contemporains, Fernando Colomb, Diego Mendez, Oviedo, Las Casas, n’ont pas recueilli les propres mots de l’Amiral. Fernando Colomb, seul témoin oculaire, alors à peine âgé de quinze ans, n avait point pris de notes, et il a écrit ces détails plus de vingt-neuf ans après l’événement. Évidemment il a pu oublier les propres termes qu’employa son père. Diego Mendez était alors absent, et ce n’est qu’au bout de trente-deux ans qu’il a rédigé cet ouï-dire. Oviedo n'eut connaissance de ce fait que par voie indirecte. On sait qu’il se renseignait volontiers auprès des ennemis de Colomb; d’ailleurs il n’a recueilli leur version que plus de vingt-cinq ans après l’événement; et Las Casas, qui écrivait encore à l’âge de quatrevingt-quatre ans son Histoire des Indes, ne 1 a terminée que cinquante-trois ans après la mort de l’Amiral. II est clair que les uns, pas plus que les autres, n’ont puisé directement à leur vraie source, les paroles qu’ils mettent dans la bouche de Colomb; et qu’entre toutes ces versions, celle de Fernando, témoin oculaire, mérite encore la préférence. Mais il est démontré pour nous que les traducteurs du texte de Fernando, qui s’est perdu, ont glissé des

inexactitudes dans leur version. Au fond, le récit des quatre

écrivains contemporains nous paraît digne de créance, quant à ce qui tient au fait principal. Ils sont tous d accord à cet égard, et ne semblent errer qu en prêtant à Colomb un rôle et un langage antipathiques à sa nature. Ceci s’explique par la distance qui sépare l’événement de sa rédaction. Quand les historiens ont rapporté comme une

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