COLOMB DÉCOUVRE LE GRAND COURANT
Colomb venait de signaler le Nouveau-Monde.
Ainsi qu’à la qualité de l’eau il avait deviné le caractère de la terre, au mouvement des flots, il avait deviné une des lois générales du Globe : le grand fleuve de l’Océan ou courant équatorial. Il affirmait que les eaux de la mer se meuvent comme les Cieux, d’Orient en Occident ce qui est l’opposé du mouvement de la Terre, d’Occident en Orient. Il affirmait aussi que dans ce parage méridional la marche du fleuve pélagique était accélérée; car le jour même de Notre-Dame d’août, fête de la patronne des mers, entre l’heure de la messe et celle des complies, on avait fai t par une faible brise une marche de soixante-quatre lieues marines. Il attribuait à ce rapide mouvement, la dislocation de l’ île de la Trinité, qui faisait autrefois partie du Continent, et l’état actuel de nombreuses îles. Al’appui de son opinion, il signalait la configuration générale des îles de la mer Caraïbe : toutes orientées dans le même sens ; uniformément élargies du couchant au levant, et du nordouest au sud-est ; étroites au contraire du nord au sud et du nord au sud-est, que l’on reconnaissait avoir été rongées par la violence du courant pélagique 1 2.