HL
Durant ce voyage où l’Amiral vient de découvrir tant de choses en si peu de temps, seulement du 1er au 18 août,
1 a Muy conoscido tengo que las aguas de la mar lie van su curso de Oriente â Occidente con los cielos. » — Tercer viage de Cristôbal Colon.
2 « Y por esto han comido tanta parte de la tierra porque por eso son acâ tantas islâs, y ellas mismas hacen desto testimonio , porque todas â una mano son largas de Poniente â Levante, etc... » — Tercer viage de Cristôbal Colon,
PROFONDEUR DE L’ESPRIT DE COLOMB. àl
son raisonnement se montre encore supérieur à ses découvertes-, il aperçoit infiniment plus par l’esprit que par la marche de ses caravelles. Ce qu il embrasse du regard n’est rien quand on le compare aux aperçus de son intuition. Cet homme, accablé de souffrance, presque aveugle, a tout vu, tout observé objectivement et subjectivement: la Terre, ses productions, sa verdure; l’air, sa qualité, ces influences, sa température, sa fraîcheur. Ainsi donc, comme il le pensait avant son départ, ce voyage entrepris au nom de la Très-Sainte-Trinité n’était pas moins important que sa première expédition. Il revenait ayant fait la paisible conquête de trois grandes vérités, de trois faits cosmographiques à jamais utiles aux sciences :
L’existence du Nouveau Continent.
Le Renflement Équatorial.
Le grand Courant Océanique.
La moindre de ces trois découvertes eût assuré l immortalité d’un homme. A cette révélation des grandes lois du Globe, à ces connaissances capitales pour l’avenir de l’esprit, s’étaient joints, multipliés par son génie, des aperçus curieux et précieux pour la science.
En sus de cette acquisition faite au profit de l’humanité, le Révélateur du Globe dès lors possédait une certitude scientifique qui ne s’appuyait encore d’aucun témoignage , d’aucune observation ; mais qui n’en était pas moins solidement établie en son esprit. 11 savait , sans qu’on puisse dire comment, que par de là cette grande terre , d’où s’échappait ce fleuve immense, se trouvait encore l’Océan. Il le savait : nous le prouverons plus loin-, il le savait, car il l’affirma.
A travers l’épreuve de la douleur physique, l’atteignaient dans les profondeurs de sa réflexion des clartés soudaines, fécondées par la puissance de qui descend toute