ARRIVÉE DE SECOURS
est, sur les flots comme une apparition, la voilure d’une petite caravelle. Son aspect fit avorter le crime. Ce navire s approcha, et laissa tomber l’ancre à quelque distance des baraquements.
§ iv.
Pour expliquer comment venait si tard le secours d’Ovando , il nous faut remonter à l’arrivée des deux messagers de l’Amiral à Hispaniola.
L’assistance invisible, qui avait favorisé la navigation de Diego Mendez, le conduisit sain et sauf, à travers des montagnes hérissées d’obstacles et d’ennemis, jusqu’auprès du gouverneur général, qui visitait militairement la partie centrale des États de Xaragua. Avec toute la chaleur de son âme , le digne capitaine exposa l’imminence des dangers que couraient l’Amiral et les équipages, et n oublia rien pour l’engager à les délivrer sans retard. Mais Ovando, tout en accueillant avec une grande politesse le capitaine de pavillon de l’Amiral, ne parut pas fort sensible à ce qu’il lui put dire. Il soupçonnait quelque arrière-pensée dans ce naufrage, et pensait que cet accident avait été préparé par l’Amiral pour lui fournir un prétexte plausible de venir à Hispaniola1. Il ne prit aucune résolution immédiate. Usant de divers moyens dilatoires, il retint Diego Mendez, en apparence, parce ju’il ne voulait point l’exposer aux dangers d’une route de soixante-dix lieues, à travers un pays suspect d’insurrection ^ mais, en réalité, afin de lui ôter tout moyen de
soprastava, da questa segonda seditione, gli piacque di remediarvi con a venuta di un caravellone... » — - Fernando Colombo, Vita dell' Am niragliOy cap. civ.
1 P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue , livre IV.